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Komnen
Becirovic et Louis Dalmas lors d'une réunion
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N’ayant que de très rares occasions de porter contradiction dans la
presse écrite et à la télévision à des personnalités médiatiques
et politiques qui nous accablaient, pour la simple raison
que les médias nous sont scandaleusement fermés, à nous
autres Serbes
et à nos amis français, je profitais des moments où certaines
de ces personnalités se produisaient dans le cadre de l’Association
de la Presse Etrangère, pour
leur poser des questions sur leur parti pris ou sur l’ostracisme
pratiqué à l’encontre des Serbes C’est ce que je fis avec
Bernard Kouchner, Jack Lang, Charles Million, Daniel Cohn-Bendit,
Jean-Marie Cavada, Patrick Poivre d’Arvor, Edgar Morin… certains
d’entre eux campant sur leurs positions, d’autres feignant
le manque d’information, d’autres encore répétant quelques
poncifs de la propagande et essayant de se dérober, comme
ce fut le cas notamment d’Anne Sinclair (de son vrai
nom Anne Schwatrz), animatrice de la fameuse émission politique
Sept sur Sept diffusée sur TF 1, lors de la rencontre-débat
organisée avec elle par
l’Association, le 23 février 1997, à la Maison d’Europe
au 35, rue des Franc-bourgeois, un palais du XVII siècle
au cœur du Marais, ayant appartenu à l’oncle de Madame de
Sévigné.
Sa dérobade accompagnée de quelque nervosité d’avoir été bousculée, parce
visiblement elle n’était pas habituée à être contredite,
m’incita à lui écrire une lettre qui,
au fil des jours prit proportions d’une véritable missive,
toute cette souffrance accumulée en moi pendant des années,
faute d’avoir pu répondre à tant de mensonges, tant d’outrages,
tant d’imprécations lancés contre mon peuple, exigeant soudain d’être exprimée. Naturellement, voulant étayer mes dires
par des preuves, je me mis à consulter des ouvrages que
je m’étais procurés, ainsi que de nombreux articles de presse
que j’avais conservés, de sorte que le petit incident avec
Anne Sinclair n’était plus qu’un prétexte pour m’adresser
non pas à l’Information, mais à la Désinformation dont la
journaliste de TF 1 était alors, hélas, l’un des monstres
sacrés, tout au moins en ce qui nous concerne nous les Serbes.
C’était une chose que de rédiger mon acte d’accusation contre la Pensée unique, et c’en était une autre que de le publier, le fléau faisant alors
rage dans le pays de Voltaire, de Victor Hugo et de Zola,
de sorte que personne n’osait enfreindre les règles du conformisme ambiant. Et, bien
évidemment, mon texte n’aurait jamais vu le jour si, à l’initiative
de Louis Dalmas, plusieurs d’entre nous intellectuels français
et serbes, n’avions, en désespoir de cause, fondé au début
de 1996 une sorte de samizdat, comme on le faisait à l’époque
la plus noire de la Russie brejnévienne, que nous baptisâmes
Balkans-Infos, et qui au cours
des ans devint notre seule tribune.
Une bonne partie de mon réquisitoire put donc être
publiée dans le numéro 13 de notre revue du mois de mai
1997. Et ce n’est qu’à présent, dix ans après, qu’il paraît intégralement sur www.tvorac-grada.com , avant d’être publié,
avec nombre de mes autres textes, en volume.
Le fléau de la pensée unique
Lettre
ouverte à Anne Sinclair
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Anne
Sinclair et Jacques Delors
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Du haut de sa suffisance et de son ignorance, Jacques Delors
accable les Serbes en se disant fier de ceux dont il
fallait rougir
Madame,
Bien que le drame yougoslave nous ait habitués aux déclarations
les plus aberrantes au sujet des Serbes, de la part des
représentants de la classe, j'allais écrire de la caste,
médiatico-politique, ce n'est cependant pas sans surprise
que j'ai entendu M. Jacques Delors réitérer dans
votre émission Sept sur Sept sur TF1, internationalement
regardée, le dimanche 16 mars dernier, les accusations
les plus graves contre les Serbes.
"En Yougoslavie, grâce d'ailleurs
aux intellectuels français, nous avons pu prendre conscience,
et moi le premier, que depuis des années, s'élaborait, en
Serbie, dans l'Académie de Belgrade, une idéologie du nettoyage
ethnique qui est une idéologie du rejet de l'autre, une
idéologie de mort, et moi-même je l'ai désignée à la vindicte
dès juillet 1992. On m'a tapé sur les doigts parce que ce
n'était pas de la compétence du président de la Commission."
– a déclaré péremptoirement M. Delors prononçant ainsi, pour la deuxième
fois consécutive en trois ans, une sorte de fatwa contre la plus haute institution
d'un peuple : l'Académie serbe des Sciences et des
Arts. C'est tellement gros et même, pardonnez-moi le mot,
grotesque, que je me suis décidé à vous adresser une lettre
ouverte. D'autant que mes tentatives épistolaires afin de
vous éclairer au sujet des Serbes, y compris notre conversation
lors notre rencontre à l'Association de la Presse Etrangère, le
23 février dernier, se sont avérées infructueuses jusqu'à
présent. Je retrouve, en effet, une lettre que je vous avais
adressée le 5 octobre 1994, dans laquelle je m'étonnais
de vous voir pousser M. Jacques Lang, que vous aviez
reçu alors, à nous accabler.
Il faut être singulièrement induit en erreur par ceux-là mêmes par lesquels
M. Delors affirme avoir été éclairé, les intellectuels
français, pour oser soutenir des absurdités pareilles, d'autant
plus invraisemblables qu'elles émanent de l'homme éminent,
ancien haut responsable français et européen, qu'est Jacques
Delors. Naturellement, M. Delors se serait épargné
le ridicule, d'éventuels démêlés judiciaires avec l'Académie
serbe et, peut-être, le risque de passer par cette énorme
bourde à la postérité, si – au lieu de se fier aux intellectuels
parisiens et de s'en vanter alors qu'il faudrait plutôt
en rougir, tout au moins dans le cas présent – il avait
pris la peine de lire l'ouvrage incriminé. S'il l'avait
fait, il aurait constaté que l'étude émanant de l'Académie
serbe, intitulée Mémorandum, n'est point ce Mein Kampf de nos jours, comme une propagande
impudente la qualifie, mais un simple examen modérément
critique de la situation du peuple serbe au sein de la Yougoslavie titiste. Celle-ci, comme vous ne le savez probablement pas, reposait sur
la formule : une Serbie faible, une Yougoslavie forte,
ce qui en dit long sur la nécessité de l'analyse à laquelle
ont procédé quelques membres de l'Académie serbe dans les
années quatre-vingts.
Le raciste et l’antisémite Tudjman, et l’islamiste Izetbegovic
encensés,
les Serbes vilipendés et faussement accusés de tous les maux
Il faut dire aussi que, comparé à la révisionniste Impasse de la vérité historique (Zagreb,
1989) du président croate Franjo Tudjman, qui a été contraint
de battre en retraite sous la pression du Congrès juif mondial,
ou au bréviaire des islamistes que constitue la Déclaration
islamique (Sarajevo, 1990) du président musulman bosniaque
Alija Izetbegovic, le Mémorandum
de l'Académie serbe, est un véritable écrit évangélique.
En effet, nul Serbe n'a jamais écrit que le
génocide était une chose naturelle, comme l'a fait M. Tudjman
afin justifier les massacres de Serbes et de juifs commis
par l'Etat oustachi croate à l'ombre de l'Etat allemand
nazi. Pas plus qu'aucun Serbe n'a jamais soutenu que diverses
religions et sociétés ne pouvaient cohabiter, comme le soutient
M. Izetbegovic, auteur de la fameuse phrase: "Il
ne peut y avoir de paix ni de coexistence possible entre
l'islam et les institutions politiques et sociales non-islamiques".
Or, force est de constater l'absence totale de toute dénonciation des
présidents croate et islamo-bosniaque. Bien au contraire,
c'est sous la présidence de M. Jacques Delors de la Commission de l'Union européenne que celle-ci récompensa, au prix de tant de malheurs,
MM. Tudjman et Izetbegovic, l'un par la reconnaissance
d'une Croatie que même aujourd'hui le New York Times, soudain touché par la
grâce de la vérité serbe, qualifie de néo-fasciste, et l'autre,
par la reconnaissance d'une Bosnie dont le caractère islamiste
n'est point à démontrer. Ainsi M. Jacques Delors avec M. Robert
Badinter et sa fameuse Commission d'arbitrage, a-t-il aidé
à l'accouchement de deux derniers monstres sur le continent
européen, la
Bosnie d'Izetbegovic et la Croatie de Tudjman. Et c'est pour peu,
en ce qui concerne cette dernière, que le New York Times,
poussant un véritable cri d'alarme par la voix de son correspondant
en ex-Yougoslavie M. Chris Hedges (12-13/4/1997), ainsi
que par celle de l'un de ses plus grands éditorialistes,
M. A.M. Rosenthal (16/4/1997), n'appelle au secours
les Serbes afin de contrer le fascisme croate. Tout comme
il pourrait appeler bientôt les Serbes, lorsqu' éclatera
la vérité sur la Bosnie, à combattre l'islamisme bosniaque.
Hélas, quand les Serbes, dans un mouvement d’autodéfense
légitime, commencèrent à temps à combattre les deux abominations,
la soi-disant communauté internationale les mit au pilori,
en les satanisant, en les grevant par des sanctions, en
les écrasant sous les bombes de l'Otan et en les chassant
de la
Krajina. Quelle perversion de l’histoire
que de voir les humanistes de l’Ouest s’employer à parachever
l’œuvre inhumaine de Pavelic: une Croatie ethniquement pure!
Mais, ce n’est plus, Madame, de la politique, c’est de la
métaphysique! Du
mal bien entendu!
Et alors que la réhabilitation des oustachis en Croatie battait son plein,
on invitait M. Tudjman à l'inauguration du Musée de
l'Holocauste à New York et à la célébration sous l'Arc de
Triomphe du cinquantième anniversaire de la victoire sur
le fascisme! Tout comme, pendant que se déroulait l'implantation
de l'islam pur et dur en Bosnie et pendant qu’on décernait
à M. Izetbegovic le prix Roi Fayçal pour les services
rendus à l'islam, on a encensé ce dernier comme le phare
de la démocratie, en le couronnant même, tout récemment,
aux Nations Unies, par le Prix International de la Démocratie!
Le fait que M. Izetbegovic a écrit que le musulman n'existe pas en tant qu'individu
(mais seulement en tant que croyant), et que c'est précisément
sur l'individu que reposent la démocratie et la civilisation
occidentales, n'a aucune espèce d'importance. Toutefois,
décerner le prix de la Démocratie à l'auteur de la Déclaration
islamique, semble un vrai canular, au point que les
médias, qui pourtant ne s'embarrassent de rien, se trouvent
gênés d'en parler. Et tout ceci se déroulait avec la participation
active de M. Delors et de la vôtre, Mme Sinclair!
La meilleure preuve que le Mémorandum ne contient rien de répréhensible,
c'est qu'aucun de ses détracteurs n'est capable d'en citer
une seule ligne qui justifierait l'opprobre dont est victime
cet ouvrage. L'historien et diplomate de carrière italien,
M. Sergio Romano, qui l'a lu, l’a qualifie de "document
intelligent et visionnaire". (La Stampa, 27/12/1994). Et pour sa part,
l'ancien rédacteur en chef, puis directeur du journal Le Monde, M. André Fontaine,
lors d'un colloque à l'Assemblée nationale, a avoué que
l'écrit ne contenait pas l'ombre de ce que l'on n'a cessé,
et que l'on ne cesse de lui attribuer.
Les Serbes, victimes du nettoyage ethnique dans la Krajina,
en Bosnie et au Kosovo, transformés par
les faiseurs d’opinion en nettoyeurs ethniques
D'autre part la question se pose: si les Serbes étaient de tels nettoyeurs
ethniques qu'ils aient apparemment ce mal dans leurs gènes
– contrairement aux Croates et aux musulmans bosniaques
qui seraient de véritables agneaux de Dieu – comment se
fait-il qu'il y a aujourd'hui 90 % d'Albanais au Kosovo,
la Jérusalem serbe, et seulement 10 % des Serbes? Comment
expliquer aussi le fait qu'à la veille de la Seconde guerre
mondiale il y avait 25 % des Serbes en Croatie, 12 %
au lendemain de la guerre et aujourd'hui 3 % seulement?
De même qu'il y en avait à la même époque 47 % en Bosnie
par rapport aux musulmans et Croates et qui ne représentent
aujourd'hui que 31 %. C'est que les Serbes aussi bien
en Croatie, en Bosnie qu'au Kosovo, ont été exterminés ou
chassés de leurs terres ancestrales.
Pensez que lors de l'invasion de la Yougoslavie par des puissances de l'Axe, en 1941, 100 000 Serbes furent contraints
de quitter le Kosovo pour y être remplacés par autant d'Albanais
qui, venus d'Albanie, s'installèrent dans la province serbe
à l'ombre de l'occupant italo-fasciste. Non seulement que
Tito, par décret du 6 mars 1945 interdisait le retour à
ces Serbes au Kosovo, mais il favorisa par sa politique
pro-albanaise, d'autres exodes des Serbes de leur province
historique, de sorte que leur nombre de 25 % après
la guerre tomba à la fin des années quatre-vingt-dix, à
10 % seulement! Ceci fut précisément l'une des causes
du réveil des Serbes et du retour du Kosovo sous la souveraineté
de la Serbie.
Justement, en parlant de Kosovo, une comparaison ne cesse de me hanter
depuis des années: si on ne peut pas valablement contester
le retour des juifs en Israël, même s'ils l'ont quitté depuis
vingt siècles et où rien ne subsiste de leur civilisation
hormis le Mur des Lamentations, on peut encore moins contester
le retour, après trois siècles d'absence, des Serbes au
Kosovo qu'ils n'ont jamais complètement quitté et où se
trouve préservée une bonne partie de leur patrimoine. C'est
là que se trouve, en effet, de magnifiques églises, fondations
des rois serbes du Moyen-âge, telles que Petch, Detchani,
Gratchanitsa et d'autres qui sont des monuments de premier
ordre de la civilisation chrétienne.
Quant à la chute drastique de la population serbe de Croatie et de Bosnie-Herzégovine,
c'est qu'elle a été soumise au génocide par les oustachis
croates et les islamo-bosniaques. Vous avez sans doute entendu
parler de la fameuse division SS Handjar
Division islamo-bosniaque de sinistre renommée, créée,
en 1943, par l'imam Al-Husseini, le grand mufti de Jérusalem,
sur ordre d'Hitler, et qui se distingua par d'innombrables
atrocités sur les Serbes, les douze mille juifs bosniaques
étant déjà pour la plupart exterminés au début de la guerre.
S'il n'est pas sûr, comme l'affirment certains, (Le Figaro Magazine, 14/9/1996), que M. Izetbegovic
ait été le combattant de cette unité, mais plutôt un jeune
activiste islamiste, il l'a fait ressusciter durant le présent
conflit sous le nom de la redoutable Septième
brigade. Celle-ci, aux cris d’Allah
akhbar! a combattu d'autant plus fanatiquement des chrétiens
serbes, que l'armée islamo-bosniaque comptant dans ses rangs
des milliers de moudjahidins venus d'Asie et d'Afrique du
Nord, avait le soutien moral, médiatique, logistique de
l'Occident chrétien. En même temps qu'elle était approvisionnée
en armes, en plus d'argent, par l'Iran et d'autres pays
farouchement islamistes.
Et ce n'est pas la moindre aberration de la guerre en Bosnie, que celle
de voir les élites de l'Occident solidaires d’ayatollahs,
ennemis jurés de ce même Occident. On ne peut combattre
l'islam pur et dur en Irak et au Proche-Orient, et le soutenir
dans les Balkans, sans risque d'expier, un jour, de telles
choses contre nature. Tout comme l'on pourrait finir par
expier l'actuelle folie contre la Russie. Les lois qui régissent
les hommes sont aussi immuables que celles qui gouvernent
les astres. Disons que ce qui est l'équilibre dans le monde
des astres, est la justice dans le monde des hommes. Sans
l'un, l'univers retournerait au chaos originel, sans l'autre,
la société humaine ne serait jamais sortie de l'animalité.
Ne m'en voulez pas d'essayer d'entrer parfois dans la philosophie
du mal qui est apparu avec les événements en ex-Yougoslavie.
J'ai trop de considération pour vous, pour ne pas tenter
d'élever le débat au-dessus des simples faits.
Mais pour revenir au Mémorandum,
l'inexcusable pour M. Delors aussi bien que pour
vous, Madame Sinclair, qui lui avez offert votre tribune
pour accabler les Serbes, est que l'ouvrage en question
existe bel et bien en français depuis que la revue Dialogue, dans son numéro du septembre
1992, l'a intégralement publié avec la Déclaration islamique et de larges extraits
du livre de Tudjman. D'autre part, les éditions L'Age d'Homme,
ont mis à jour, en avril 1996, une nouvelle traduction du
Mémorandum, très documentée et commentée
par les rédacteurs eux-mêmes de l'ouvrage, l'historien Vassiliyé
Krestitch et l'économiste Kosta Mikhaïlovitch, alors que
M. Delors, lors de son entretien avec vous, le 5 juin
1994, en avait attribué la paternité au romancier Dobritsa
Tchossitch. Ce qui prouve, hélas, que M. Delors
ne faisait que glaner ses informations sur ce sujet dans
un article qui ne fait guère honneur à la profession, publié
par Florence Hartmann dans Le Monde
(30/8/1992). Enfin, j'ai traité du Mémorandum moi-même par rapport aux intellectuels
parisiens, dans mon livre sur Malraux, ce dernier ayant
été membre d'honneur de l'Académie serbe, livre que j'ai
eu le plaisir de vous adresser avant notre rencontre-débat
à l'Association de la Presse Etrangère.
Pourquoi toujours le même son de cloche? Bernard-Henri Lévy
avec sa clique, aurait-t-il davantage mérité de la France
que Pierre-Marie Gallois?
Toujours est-il que si un homme aussi important que M. Delors a pu
se fourvoyer, c'est que le fléau de la pensée
unique a pris de telles proportions, avec le drame yougoslave,
que, depuis longtemps, il n'épargne plus personne, aussi
bien au niveau des élites que chez les simples citoyens.
Et votre part de responsabilité y est, hélas, considérable.
En effet, comment se fait-il
– et je vous pose la même question que lors de la rencontre
à l'APE – que depuis
six ans que durent les conflits en ex Yougoslavie, vous
avez invité sur le plateau de "Sept sur Sept" un grand nombre
de personnalités, et certaines à répétition, blâmant les
Serbes, alors que vous n'avez jamais jugé nécessaire d'en
inviter une seule qui ferait valoir leur point de vue? A
moins que M. Bernard-Henri Lévy que vous avez interrogé
avec beaucoup de complaisance sinon de complicité, n'ait
davantage mérité de la
France
en satanisant les Serbes, que, par exemple, le général Pierre-Marie
Gallois que vous n'avez jamais invité et qui pourtant a
hissé la
France au rang des puissances nucléaires
du monde. En outre, il est une gloire de la géopolitique
française, ce que l'on ne peut nullement dire de M.
Bernard-Henri Lévy en matière de philosophie. Du reste,
ce n'est pas la première fois, depuis Néron, que le néant
de quelqu'un tourne en calamité, tout au moins en ce qui
nous concerne nous les Serbes. Pourquoi donc M. Bernard-Henri
Lévy est-il partout, sur toutes les chaînes, y compris la
vôtre, sur toutes les radios et dans tous les journaux,
tandis que le général Gallois n'est presque nulle part?!
Ma question attend toujours votre réponse, des explications que vous avez
avancées lors de la rencontre-débat à l'APE, du genre: «Serbes
agresseurs et totalitaires, Croates et musulmans victimes
et démocrates», n'étant franchement pas dignes de la prestigieuse
journaliste que vous êtes. Et en ce qui concerne le général
Gallois, je vous dirai encore ceci : deux des hommes
parmi les plus importants de la Russie
actuelle, Guennady
Ziouganov et Alexandre Lebed, ont profité récemment de leur
séjour en France pour rendre visite au général Gallois afin
d'avoir son avis sur les affaires du monde. D'autres personnalités
russes, ainsi que serbes, grecques, bulgares, chinoises,
arabes et même allemandes et américaines sont venues et
viennent constamment le consulter et solliciter des textes
de lui. Mais ni vous, ni aucun autre oracle de l'information
en France! Il n'a même pas été en mesure de publier ses
articles dans les journaux de son pays, mais a dû le faire
dans la presse belge et suisse! On se croirait rejeté à
plus de deux cents ans en arrière, à l'époque de Voltaire.
C'est que le général Gallois a l'audace de penser autrement, en particulier à propos
du conflit en Yougoslavie qu'il a magistralement traité
avec celui de l'Irak, dans un ouvrage fondamental en deux
tomes, intitulé Le Sang du pétrole, édité par L'Age d'Homme
en mars 1996. Cet ouvrage qui retrace les deux terribles
drames qu'a connu l'humanité en cette fin de siècle, vaut
bien Le Lys et la cendre de M. Bernard-Henri
Lévy qui, sur 540 pages, raconte, sans nulle vergogne, les
efforts qu'il a déployés pendant des années pour aider à
l'accomplissement d'un méfait: les bombardements des Serbes
de Bosnie par l'Otan au profit des islamo-bosniaques à la
fin d'août 1995. Spectacle dont le philosophe se délecte
– son vœu le plus ardent ayant été enfin exaucé – en regardant
les frappes aériennes contre les Serbes en direct à la télévision,
après un copieux dîner en compagnie de Mme Pamela Harriman
et de M. Izetbegovic, à l'ambassade des Etats-Unis à Paris.
Néanmoins vous avez offert à M. Bernard-Henri Lévy le plateau de
Sept sur Sept afin qu'il puisse se livrer,
une fois de plus, à ses gesticulations pro-bosniaques, angéliser
les musulmans et diaboliser les Serbes, et vanter en même
temps le paradis multiethnique de la
Bosnie
durant les siècles de l'occupation turque. C'est un miracle qu'il n'ait
pas encore demandé qu' Ivo Andritch soit privé à titre posthume
de son prix Nobel de littérature (1961) pour avoir osé dans
ses romans, tels que Le
Pont sur la Drina et La Chronique
de Travnik, donner une vision tout à fait contraire
de la sienne de la Bosnie. Une Bosnie où régnait l'esclavage
le plus abject et où l'on pratiquait le pal, la potence
et le tribut de sang, avant que le glaive oustachi
croate ne s'y abattît sur les Serbes et les juifs durant
la Seconde
guerre mondiale.
Il est grand temps, Madame, de sortir de la maudite logique antiserbe
qui porte tellement ombrage au charme et au brio avec lesquels
vous menez généralement vos émissions. Pour le faire, il
suffirait d'inviter des gens compétents comme, bien sûr
le général Gallois qui est de toute évidence la conscience
de la nation dans l'affaire yougoslave, mais aussi M. Paul-Marie
de la Gorce, Mme Marie-France Garaud, ou bien des historiens
spécialistes des Balkans et de l'Europe centrale, tels que
M. Jean Nouzille et M. Jean-Paul Bled de l'Université
de Strasbourg, parmi d'autres. Il y a aussi Louis Dalmas,
auteur de plusieurs textes hautement véridiques sur les
conflits yougoslaves, et directeur du mensuel Balkans-Infos, qui paraît depuis plus
d'un an, et qui constitue une véritable éclaircie dans le
ciel sombre de la pensée unique en France.
Et comme votre émission a une audience européenne – des amis scandalisés
par les propos de M. Delors, l'autre soir, ont téléphoné
de Stockholm – vous pourriez également faire appel à lord
Owen qui vous dirait, ce qu'il affirme dans son Balkan
Odyssey, que le massacre de Markalé en février 1994,
qui aura levé le glaive de l'Otan contre les Serbes, fut
le fait des musulmans et non pas des Serbes. De même que
vous pouvez inviter Mme Bat Ye'or, l'inégalable historienne
des Juifs et chrétiens sous l'islam (Berg
International, 1994), ou bien M. Yossef Bodansky, l'un
des meilleurs spécialistes des stratégies modernes du djihad au Proche-Orient, en Afrique et
en Europe.
Les singeries télévisuelles ayant pour but
de monter l’opinion contre les Serbes
Une nouvelle approche de la question serbe vous serait d'autant plus facile
que chaque jour nous apporte des révélations sur telle ou
telle imposture médiatique durant le conflit bosniaque,
parrainée par certains de vos illustres invités. D'une part,
l'accusation contre le prétendu monstre serbe Doucko Taditch,
jugé par le tribunal de La Haye, s'est complètement effondrée, le
principal témoin à charge Opatchitch ayant reconnu qu'il
avait accablé Taditch sous la pression et la torture de
la police d'Izetbegovic. D'autre part on n'a pas réussi
à faire son plein des victimes de Srebrenica sur laquelle
on a tant démonisé les Serbes: malgré les efforts désespérés
déployés par le tribunal de La
Haye pour trouver dans la région de Srebrenica
des milliers de morts musulmans, avancés par le Département
d'Etat et les médias, on en a découvert qu'environ 800,
pour la plupart les restes des combattants musulmans. Par
contre, on a découvert une cinquantaine de charniers avec
les restes des Serbes massacrés par les musulmans. Le général
Philippe Morillon dans son livre Paroles
du soldat (Balland 1996), affirme que le commandant
des forces islamo-bosniaques à Srebrenica, Nasser Oric,
lors des raids qu'il effectuait sous la protection des Nations
Unies, sur les villages serbes aux alentours, ne faisait
pas des prisonniers, les lois coraniques, apparemment, le
lui interdisant.
Aussi un journal qui, comme Libération, s'est tant investi dans la
satanisation des Serbes, doit-il aujourd'hui admettre (dans
son édition du 22-23/3/1997) que les "témoignages" du fameux
Borislav Herak s'accusant et accusant des autres de multiples
meurtres et viols – lors du procès spectaculaire de prétendus
criminels serbes organisé au début de 1993 à Sarajevo, qui
a rempli des pages entières de journaux et des programmes
spéciaux de télévision – n'étaient en fait que des affabulations
d'un quasi-malade mental, torturé et manipulé par la police
islamo-bosniaque. Les musulmans, les frères Blekic, qui
auraient été tués en 1992 par Sretko Damïanovitch, le coaccusé
de Herak, condamné à mort avec ce dernier lors du procès
monté, sont apparus sains et saufs, trois ans plus tard,
pour acheter du bétail aux parents de ces mêmes condamnés
serbes! Le New York
Times (28/2/1997) traite également de cet imposture
en écrivant notamment que le procès Herak-Damïanovitch "a été utilisé pour convaincre l'Europe et
les Etats Unis que les Serbes étaient coupables de génocide
et d'autres crimes contre l'humanité."
En effet, souvenez-vous des indignations bellicistes et des malédictions
proférées contre les Serbes, ainsi que des appels à leur
châtiment, suscités à l'époque par l'affaire Herak. L'univers
en retentissait! Le Secrétaire d'Etat américain, M. Lawrence
Eagleburger, qui avait fait l'étalage de sa cruauté en déclarant
à la télévision que l'on fera de sorte que les Serbes ne
rient jamais plus, alla jusqu'à affirmer que Borislav Herak
avait tué 230 civils. (Le Monde, 18/12/1992). Une réunion de
la Commission des Droits de l'Homme aux Nations Unies fut
convoquée d'urgence. Je vous rappelle aussi que c'est avec
cette histoire, ramassée dans les geôles d'Izetbegovic,
que John F. Burns, alors correspondant du New York Times à Sarajevo, avide, comme la plupart de ses confrères,
des crimes serbes, a gagné son prix Pulitzer. Tout comme
Roy Gutman a gagné le sien sur les camps imaginaires de
la mort en territoire serbe de Bosnie. Triste gloire que
celle qui sent le mensonge et le crime!
Je faisais à l'époque, dans un article intitulé La Tentation du mal, paru dans Le Quotidien de Paris du 9. mai 1993,
ce diagnostic désenchanté qui n'a été, hélas, que trop confirmé
par la suite:
"Si, a juste titre, on demeure
stupéfait par la fureur meurtrière de la guerre civile entre
Serbes, Croates et musulmans de l'ex-Yougoslavie, on n'en
est pas moins consterné par ce vertige de mensonge, par
cette obstination dans l'erreur et dans l'injustice, par
cette soif de sang et de destruction, dont fait preuve,
à des exceptions honorables près, la classe médiatico-politique
de l'Ouest envers les Serbes. Il n'est pas aujourd'hui jusqu'au
moindre journaliste, intellectuel ou politicien en Occident
qui ne menace les Serbes d'apocalypse! Comme si un véritable
abîme du mal s'était ouvert dans l'âme de bien de nos humanistes!"
Je continue à demeurer profondément troublé. En effet, jamais auparavant,
Madame, l'humanité et surtout certains de ses spécimens,
n'a offert un tel spectacle de dérision. Voyez-vous, même
un homme aussi pondéré et raisonnable qu'est M. Delors,
se met, sur la foi d'une désinformation, à déraisonner et
à désigner à la vindicte universelle, avec votre charmante
complicité, un peuple et ses plus hautes institutions. Que
dis-je, M. Delors, puisque même le saint homme qu'est
l'abbé Pierre, ployant sous le poids des ans, trouve encore
la force de demander l'écrasement des Serbes demeurés fidèles
au Christ au cours des siècles, au profit des apostats slaves,
les musulmans bosniaques, qui l'ont renié et qui sont pourtant
devenus les élus du monde! En fait, l'humanité aura contracté
par le truchement des médias, en particulier de la télévision,
la haine de ces apostats et l'a rendu sienne ! Ils
firent tout, et partiellement réussirent à ce que cette
haine s'abatte sur les Serbes, allant même jusqu'à rêver,
en extrapolant les crimes serbes, l'emploi de l'arme atomique.
Le premier ministre islamo-bosniaque, Haris Silajdzic, l'a
implicitement avoué, en déclarant au printemps 1995, alors
que la guerre de l'Otan contre les Serbes avait été en perspective:
«Ce serait catastrophique pour nous si la guerre
demeurait limitée au seul territoire de la Bosnie-Herzégovine.»
L'idée, ce serait de voir disparaître
sous le feu de l'Otan jusqu'au dernier Serbe et d'effacer
ainsi la faute originelle qui n'a jamais cessé, telle une
damnation, de tourmenter le psychisme des musulmans bosniaques:
leur parjure. C'est aussi simple que cela.
Et que dire, Madame, du soutien fanatique des intellectuels français d'origine
juive aux descendants de ceux parmi les Croates et les islamo-bosniaques
dont les pères et les grands-pères exterminèrent par dizaines
de milliers de juifs avec leurs frères de malheur serbes!
Il n'y aurait là évidemment rien à redire sur le plan de
la justice absolu, si dans ce conflit les Serbes étaient
fautifs ou les seuls fautifs, ce qui n'est point le cas.
Relisez à ce sujet, je vous prie, ce cri de conscience que
constitue la lettre ouverte d'Enriko Josif au Grand Rabbin
de France Joseph Sitruk, adressée en juin 1994, mais qui
ne circule dans la patrie des droits de l'homme que sous
forme de samizdat!
Je suis fier de l’avoir traduite en français en vue
de la publier dans notre revue en annexe à ce texte.
Intellectuels français d’origine juive, Bernard-Henri Lévy,
Alain Finkielkraut,
André Glucskmann… à la rescousse des néofascistes croates et d’islamistes
bosniaques
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Bernard-Henri Lévy
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Alain Finkielkraut
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André Glucskmann
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Comment expliquer le dévouement de M. Alain Finkielkraut à la cause
croate et son envoûtement par M. Tudjman, alors que
celui-ci, tout en ayant prononcé sa tardive mea
culpa, seulement en 1994, envers les juifs, méditait
le transfère des dépouilles des oustachis dans le camp de
la mort de Jasenovac afin d'y "réconcilier" ces derniers
avec leurs victimes juives et serbes en même temps qu'il
projetait d'organiser des funérailles nationales pour Ante
Pavelic, le führer croate, à Zagreb? Apparemment M. Elie
Wiesel et plusieurs autres personnalités juives à travers
le monde, ne pardonnent pas à M. Alain Finkielkraut
d'avoir remué la terre et le ciel afin d'aider à l'avènement
de la Croatie de Tudjman où, entre autre,
on baptise des rues et des écoles par des noms des criminels
de guerre oustachis, comme le fut notamment l'écrivain Mile
Budak, auteur de la fameuse formule concernant les trois
millions de Serbes à l'ouest de la Drina : "Nous tuerons une partie de Serbes, nous expulserons
une autre et nous convertirons le reste en religion catholique
pour en faire des Croates." Formule qui fut appliquée
également aux juifs avec cette différence que ces derniers
ne pouvaient bénéficier ni de l'exil ni de la conversion
dont, du reste, bénéficièrent peu de Serbes. Si bien que
l'un des fondateurs de l'Etat oustachi dont Tudjman dira
qu'il avait exprimé les aspirations historiques du peuple
croate, Andrija Artukovic, ministre de l'Intérieur, s'exclamait,
déjà en février 1942, devant un parlement enthousiaste croate:
«Le peuple croate, ayant établi
son Etat Indépendant de Croatie, ne pouvait faire autrement
que de nettoyer son entité nationale et étatique des vénéneux
déprédateurs et parasites insatiables – juifs, communistes
et francs-maçons. Ils ont étouffé le peuple croate dans
tous les domaines de sa vie nationale et ont essayé de désintégrer
et d'empoisonner, non seulement la vie familiale du peuple
croate, sa foi, sa morale, sa conduite et sa jeunesse, mais
aussi sa vie nationale même, ses sentiments nationaux croates,
sa conscience nationale croate. L'Etat Indépendant de Croatie,
comme un Etat oustachi, se trouvant en position d'autodéfense
face à ces insatiables et vénéneux parasites, a réglé la
soi-disant question juive avec une énergie vigoureuse et
saine.»
Il faut vraiment être aveuglé par l'antiserbisme ou nul en histoire des
Balkans, comme le semblent, hélas, être certains de vos
invités avec M. Delors en tête, pour pouvoir accuser
les Serbes d'avoir été les premiers à élaborer et à pratiquer
les théories du nettoyage ethnique.
On aura vraiment tout vu et entendu durant cette guerre au sujet des Serbes,
mais l'un des spectacles les plus effarants aura été celui
de voir MM. Bernard-Henri Lévy, Bernard Kouchner et
Brice Lalonde, offrant devant les caméras un symbolique
poignard – en signe du soutien d’un armement intensif
des musulmans – à Izetbegovic lors du passage de celui-ci,
au début de janvier 1993, par Paris au retour d’un pèlerinage
à la Mecque. Ceci au moment où les soldats français
de la
Forpronu en Bosnie tombaient, et de l'aveu même tant de l'amiral Lanxade que du
premier Ministre M. Edouard Balladur, sous les balles
des soldats de ce même Izetbegovic.
Si, cependant, chez Alain Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy et la plupart
des éminences juives de France, l'aveuglement antiserbe
ou autre chose, l'emporta sur la mémoire, pourquoi vous,
Anne Sinclair, fille du peuple martyr, ne soulevâtes jamais,
lors de vos entretiens avec toutes ces personnalités, durant
toutes ces années, la question du génocide commis par l'Etat
oustachi croate contre les juifs de Croatie et de Bosnie-Herzégovine?!
Pas plus que vous n'abordâtes jamais le sujet du révisionnisme
et de l'antisémitisme de Franjo Tudjman qui trouve ses racines
dans les camps de la mort et dans les gouffres où l'on jetait
les juifs avec les Serbes! Et, Dieu sait, on en avait parlé,
moi parmi les premiers, ce dont je suis fier, dans deux
articles que je réussis à placer dans Le
Monde, avant qu'il ne se croatisa et ne s'islamisa:
Justice pour les
Serbes (29/10/1990) où je n'étais que trop visionnaire,
et Pour la réconciliation entre les Serbes
et les Croates (28/5/1991), réconciliation que je clamais
en vain au milieu des cris de guerre de part et d'autre.
Des voix de conscience qui percent
à travers la clameur infernale contre les Serbes
Mais d'autres soulevèrent également la douloureuse question du martyre
des juifs croates et bosniaques, comme on peut le constater
avec ce bref rappel des articles aux titres ô combien éloquents:
Richard West, An Apologist for Hitler, dans le Guardian (18/10/1991), Robert D. Kaplan,
Last Balkan eagliness
– Croatianism dans le New
Republic (25/11/1991), Luigi Ippolito, Stermino
ad Auschwitz? Tutte esagerazioni: Parola di Tudjman il Croato,
dans le Corriere della sera (19/1/1992), Alexander
Langer, Franjo Tudjman,
un antisemita, dans Il
Manifesto (25/1/1992), Sandro Viala, Il
vento di fascismo su Zagabria cattolica, dans La Repubblica
(2-3/2/1992), Teddy Preuss, Goebbels toujours vivant à Zagreb, dans
le Jerusalem Post,
(12-18/2/1992), Bad Memories of Croatia (éditorial) dans
l'International Herald
Tribune (16/11/1993), Kenneth Roberts, Unreconstructed nazism on display, dans
le Spectator,
(19/3/1994), Alexander Cockburn, When Serbs are Cleansed,
It’s Silence dans le Los Angeles Times (28/9/1995)
James O. Jackson, The Crimes of Croatia, dans le Time (11/3/1996), Walter Reich (directeur
du Holocauste Memorial Museum), A Plan that's Bad to the Bone, dans le
Wall Street Journal,
(4/4/1996), Tony Barber, Tudjman
plan to rebury Croatian Fascist leader could spark outrage,
dans l'Independent (20/04/1996)…
De tous ces textes, et j'en passe, on pourrait faire un épais volume d'où
vous seriez, hélas, totalement absente avec tous ceux dont
je n'ai fait que trop cité les noms. Bien sûr, vous étiez
tous trop occupés à pourfendre l'hégémonie, l'agression,
le bolchevisme, le fascisme, le racisme, l'intégrisme et
que sais-je encore des Serbes pour vous apercevoir de telles
bagatelles que sont le révisionnisme de Tudjman et l'islamisme
d'Izetbegovic. Tout au plus n'était-ce que des maladresses
et des bavures que commettaient les deux nouveaux leaders
balkaniques vu les pas de géant qu'ils accomplissaient sur
le chemin de la démocratie et de l'affranchissement contre
le joug des méchants Serbes. Je dois vous dire ce que j'ai
dit à un Bernard Kouchner plutôt désemparé : "Vous
vous êtes totalement trompés d'ennemi dans ce conflit".
Fixés sur les Serbes, vous n'avez voulu voir ni entendre rien d'autre!
Les Serbes, n'étaient-ils pas depuis le début et pour le
reste des temps des criminels, contrairement aux Croates
et aux musulmans bosniaques considérés comme des justes,
des libéraux, des démocrates, tels que l'on n'en avait jamais
vus auparavant sous le soleil. Même un esprit aussi élevé
qu'est Elie Wiesel, prix Nobel de la paix, céda à la psychose
générale et signa un appel à la guerre contre les Serbes,
ses anciens codétenus dans les camps de la mort! On comprend
bien Enriko Josif qui laissa éclater sa douleur en disant,
au début de sa Lettre, que tous les prophètes d'Israël
ne pourraient jamais exprimer la stupeur que l'on éprouve
devant l'engagement de certains membres éminents de la communauté
juive en Occident contre les Serbes. Il dit plus loin:
«Ce qui arrive aujourd’hui aux Serbes, et qui a pris des proportions planétaires,
apocalyptiques et pathologiques, c’est la projection même
de ce qui n’a cessé de nous opprimer depuis deux mille ans.
Les Serbes sont aujourd’hui le nouvel Israël proscrit et
sacrifié pour le rachat du genre humain tout entier. Nous
les Juifs, nous devons être avec les Serbes, nos frères
de malheur, en particulier durant les épreuves de la Seconde guerre mondiale...
Ce dont on accuse les Serbes n’est que mensonge et, en s’y obstinant,
on ne fait que s’enfoncer davantage dans la faute, dans
le crime, dans l’assassinat
aussi bien des âmes que des corps, notamment par
un procédé de satanisation sans précédant dans l’histoire
du monde...
Il se peut que ceux des Juifs d’Occident qui participent à cette campagne
monstrueuse contre les Serbes soient induits en erreur et
manipulés, mais il n’empêche que cela constitue la plus
grande démission du judaïsme depuis des millénaires et la
plus grande défaillance vis-à-vis de la noble éthique du
peuple d’Israël...»
Que valent les élucubrations de divers BHL et Finkielkraut auprès de ces
paroles de feu, de ces cris de consciences ?! Toujours
est-il que pendant que l'on maudissait les Serbes et que
les humanistes de toutes les couleurs donnaient pleine mesure
à leur humanisme en appelant à l'annihilation du fascisme
imaginaire serbe, en recourant aux armes atomiques s'il
le fallait, l'implantation de l'islam pur et dur en Bosnie
et la réhabilitation du fascisme en Croatie battaient leur
plein. Le résultat en est des plus spectaculaires, comme
on peut le constater de ces extraits, tirés non pas d'un
manuel de la propagande ou du discours d'un nationaliste
serbe, mais d'un article de M. Chris Hedges, intitulé-
Croatia's Good Old Days, qui vient de paraître dans
l'International Herald Tribune (12-13/4/1997),
après avoir été publié le jour précédent par le New York Times. Ces deux journaux ne peuvent
être considérés proserbes, puisqu'ils se sont, comme la
plupart d'autres grands journaux de l'Ouest, tant investis
dans la cause croate et islamo-bosniaque. L'envoyé spécial
du New York Times
en ex-Yougoslavie écrit:
«Contrairement à ces nations
qui ont renoncé à leur héritage fasciste, les Croates ont
réhabilité leurs collaborateurs fascistes de la Seconde
guerre mondiale, connus comme les oustachis. Les oustachis
qui ont assassiné des centaines des milliers de Juifs, de
Tsiganes, de Serbes et de résistants croates, ont été transformés
par le parti du président Franjo Tudjman en patriotes et
en précurseurs de l'Etat croate moderne. Les vétérans oustachis
touchent des retraites plus élevées que les anciens résistants
qui ont combattu les armées fascistes allemande et croate.»
Après avoir évoqué que les anciens soldats oustachis sont invités à des
cérémonies d'Etat, tandis que les combattants partisans
sont ignorés, et que le régime de M. Tudjman a laissé
détruire par les groupes pro-oustachis 2 964 monuments à la mémoire des résistants,
M. Chris Hedges poursuit :
«La monnaie croate est la kuna,
qui a été introduite par les fascistes. Et l'écusson à damier
rouge et blanc sur le drapeau, pris de l'emblème médiéval
croate ornait le drapeau fasciste de l'Etat Indépendant
de Croatie et de l'uniforme oustachi…»
Il faudrait reproduire tout l'article dans lequel il n' y aurait rien
à redire, excepté que l'auteur ne dit pas convenablement
la vérité sur les victimes des oustachis. Ce sont d'abord
les Serbes, près d'un million, puis les Juifs, environ 45
000, et enfin 30 000 de Tsiganes. Aussi à la fin, M. Hedges
commet-il un pléonasme en évoquant l'une des raisons de
la réhabilitation des oustachis par le régime de M. Tudjman:
la démonisation des fascistes par les communistes, comme
si l’on pouvait démoniser les démons.
A la lumière de ces faits, ainsi que de ceux qu'on connaît sur le régime
islamo-bosniaque, on se rend compte que tout l'engagement
de l'Occident depuis six ans dans les Balkans, a accouché
de deux monstres: la réhabilitation du fascisme en Croatie
et l'instauration de l'islam pur et dur en Bosnie. Il n'y
a vraiment pas de quoi pavoiser. Il y a même de quoi s’inquiéter,
puisque derrière la
Grande Croatie
et la Petite Serbie, ne se profilent
la
Grande Allemagne et le triomphe posthume
de Guillaume, sinon d'Hitler.
Certains Allemands commencent eux-mêmes à s'inquiéter, tout comme le firent
leurs aînés dans les années trente, de la dynamique hégémoniste
qui est en train de s'emparer de leur pays. Ne dites pas
que je divague, mais plutôt lisez l'ouvrage de MM. Walter
von Goldendach et Hans-Rüdiger Minow, Von Krieg zu Krieg, Die deutsche Außenpolitik
und die ethnische Parzellierung Europa (Berlin 1996) où les deux auteurs dévoilent
le projet allemand d'enflammer les minorités ethniques dans
divers Etats européens au profit de la puissance germanique
unie par la langue et exempte des minorités. Je vous confie
que les auteurs ont contacté quelques personnalités françaises
dont le général Gallois – décidément il est incontournable
–, et lui ont fourni la matière d'un article fulgurant sur
la tentation hégémonique allemande, dans le dernier Balkans Infos, (n° 12, avril 1997).
Aussi, rappelez-vous des conclaves antiserbes à New York, à Bruxelles
et ailleurs, proclamant la mort de l'Etat multinational
yougoslave et instaurant, sur la dépouille de celui-ci,
au mépris de toute logique, l'Etat multiethnique bosniaque!
Comme si les Serbes, les musulmans et les Croates, n'ayant
pu s'entendre au sein de la grande Yougoslavie, pouvaient
le faire dans le cadre de la petite Bosnie – l'œil du cyclone
des antagonismes balkaniques depuis toujours. M. Robert
Badinter et sa fameuse Commission d'arbitrage, en abolissant
les frontières internationales et en proclamant les frontières
administratives de la Fédération yougoslave inviolables,
ne furent que précipiter le cataclysme.
La soif du mal des humanistes, Françoise Giroud en égérie
des anti-Serbes, leur acharnement sur Peter Handke, homme
de conscience et de vérité
Parmi les plus outranciers envers les Serbes aura été sans doute M. Laurent
Fabius lorsque, invité du journal télévisé de France 2,
le 6 janvier 1993, il traita les Serbes d'ordures et appela à leur punition, comme
si le sang serbe qu'il réclamait, pouvait laver le politicien
des accusations dont il faisait alors l'objet dans l'affaire
du sang contaminé. Naturellement devant les insultes de
M. Fabius, qui reflète davantage sa mentalité qu'elles
ne s'appliquent aux Serbes, il ne nous restait, afin de
ne pas désespérer de la
France, que de nous souvenir du noble langage
que Lamartine, Victor Hugo, Clemenceau, De Gaulle et même
Mitterrand, entre bien d'autres illustres Français, usèrent
envers la nation serbe. De quoi vraiment se consoler.
On savait la prédilection de Mme Françoise Giroud pour de bonnes causes,
mais elle se dépassa cette fois-ci, en se faisant, malgré
son âge vénérable, une véritable pasionaria
de la cause musulmane. Œuvre-t-elle ainsi involontairement
au rétablissement de l'influence de son pays d'origine,
la Turquie,
dans les Balkans? Rappelons que Mme Françoise Giroud est
née le 21 septembre 1916 à Genève de Salih Gourdji, directeur
de l'Agence télégraphique ottomane, et d’Elda Perogi.
Raillant les "palabres" de Genève (Le Nouvel Observateur, 7-13/1/1993),
elle prêcha la guerre contre les Serbes afin de venger par
les bombes de l'Otan, l'honneur de 60 000 musulmanes, "dont
10 000 ont moins de dix-sept ans", précisait-elle, prétendues
victimes du priapisme des soldats du général Mladitch. Celui-ci
répondait à de telles accusations que ses hommes n'étaient
ni des maniaques ni des supermen.
Aussi lors de la contre-offensive pleinement justifiée des Serbes sur
Gorazde en mars-avril 1994, signa-t-elle, avec l’Abbé Pierre,
Jacques Julliard, Jean Lacouture, Bernard-Henri Lévy, Edgar
Morin, Jean d'Ormesson, Michel Piccoli, Jean-François Revel,
Léon Schwartzenberg, un appel frénétique aux bombardements
des Serbes qui parut sur une page du Monde (21/4/1994). Les médias assuraient
qu'il y coulait des rivières de sang, qu'il y avait des
milliers de morts et de blessés, qu'il ne restait pierre
sur pierre de la petite ville au bord de la
Drina. Or, lorsque les Serbes, à la suite
de l'ultimatum de l'Otan, stoppèrent leur offensive, tout
s'avéra faux: il n'y avait que quelques dizaines de morts
et quelques centaines de blessés et la ville de Gorazde
était presque entière: les médias durent le reconnaître
à contrecœur. C'est Yossef Bodansky (dont parle longuement
Jacques Merlino, et pour cause, dans Toutes les
vérités yougoslaves ne sont pas bonnes à dire) qui,
dans une étude remarquable, parue dans la revue anglaise
Defense and Foreign
Affairs Strategic Policy (mai 1994), a dénoncé l'imposture
de Gorazde, moyennant laquelle, on souleva, pour la deuxième
fois en l'espace de deux mois, l'univers contre les Serbes.
Je crois que parmi une cinquantaine de documents, l'un plus
véridique que l'autre, que je vous ai fait parvenir par
fax, à deux reprises, figure ce texte de Bodansky.
Mme Françoise Giroud donna également la pleine mesure de son humanisme,
lorsqu'elle se montra d'un cœur de pierre envers 250 000
Serbes de Krajina prenant le chemin de l’exode,
en août 1995, sous les bombes croates et celles de l'Otan,
et s'apitoya, dans un article paru dans Le Figaro
(7/8/1995), sur le sort des musulmanes bosniaques de Zepa
qu'elle était allée visiter avec d'autres touristes humanistes.
Et lorsque, à la fin de l'année dernière, M. Jean Dutourd, brisant
les interdits de la pensée unique, a consacré une partie
de son discours à l'Académie sur le Scandale
de la Vertu, aux Serbes, que Le
Figaro (17/12/1997) a publié sous le titre Eloge
de la Serbie, Mme Françoise Giroud a sorti aussitôt
toutes ses griffes. Elle s'est crue obligée, en bonne gardienne
du temple totalitaire antiserbe, de rappeler à l'ordre le
célèbre écrivain, par une lettre au Figaro (19/12/1997), et d'étouffer sa
grande voix qui est avec celle de Pierre-Marie Gallois,
dans l'affaire serbe, la voix de la France éternelle.
Pareille réaction se produisit lorsqu’une autre voix de la conscience
européenne se leva, celle de l’écrivain autrichien Peter
Handke pour dénoncer l’abomination antiserbe. La publication
dans le Süddeutsche Zeitung (5-6-7 et 13-14/1/1996)
de son reportage-fleuve: Justice pour la Serbie. Voyage dans la vallée
du Danube, de la Sava, de la Morava et de la Drina,
fut accueillie par la levée de bouclier totalitaire aussi
bien en France qu’en Allemagne. Quelle audace que d’essayer
de mettre en question les thèses en vigueur sur les démoniaques
Serbes et les angéliques Croates et musulmans! Ceux qui
avaient péché le plus par l’antiserbisme, Le
Monde (19/1/1996) et Libération
(8 et 30/1/1996), n’en finissaient pas de blâmer Peter Handke
d’avoir commis un véritable sacrilège en se faisant avocat
des Serbes, en osant donner une autre version des événements
en ex-Yougoslavie que la leur. Fortement mis en cause par
le journal de Serge July, Handke demanda le droit de réponse
qu’il n’obtint qu’au prix de la mise en marche de la machine
judiciaire: sommé par les avocats de Handke, Libération
(23/3/1997) publia enfin, dans le cadre d’une double page
consacrée à l’auteur, le point de vue de Peter Handke sur
le drame yougoslave.
Si je m’étends sur certains exemples désastreusement typiques de la tyrannie
de la pensée unique, c’est dans le souci de vous en informer
car, occupée que vous êtes de vos célébrités, j’imagine
que vous n’avez pas l’occasion de connaître beaucoup ce
qui se passe parmi le reste des mortels. Voici donc un autre
exemple des plus catastrophiques de la réaction de la cabale
antiserbe à quiconque ose mettre en doute ses fantasmes
antiserbes. Lorsqu’en automne 1996, Vladimir Volkoff publia,
sous forme d’un récit intitulé La Crevasse (L’Age d’Homme), sa vision du conflit bosniaque en soutenant qu’il plonge
dans le passé, que les événements actuels ne sont en fait
qu’une phase de la guerre civile qui se déroule en Bosnie,
en particulier entre les Serbes et les musulmans, depuis
des siècles, la réaction de certains adeptes de la cabale
antiserbe fut aussi outrageante que véhémente. Le journal
Libération (2/1/1997), étala sur une page entière les calomnies
et les glapissements d’un certain Yves Laplace, traitant
Volkoff, dont les livres ont été couronnés par l’Académie
française, d’auteur nul, raciste, révisionniste, si bien
que l’écrivain fut contraint, tout comme Handke avant lui,
d’intenter un procès à son calomniateur. Encore une fois,
la tragédie yougoslave aura été révélatrice des monstres
chez beaucoup de nos humanistes, et qui n’attendaient que
le moment propice pour se déchaîner. Et c’est cela que cette
tragédie a d’universel.
Des impostures médiatiques à l’origine de graves décisions
politiques
Le refus de toute autre version des événements yougoslaves que celle que
l’on a produit soi-même, n’est évidemment pas propre à la France mais, telle une contagion, sévit dans tous les pays de l’Ouest. Ainsi
en Angleterre, trois journalistes, Mme Penny Marshall et
Ian Williams de la chaîne ITN, et Ed Vulliamy du Gardian, y déploient des efforts considérables
afin d’étouffer la contestation par le journaliste allemand
Thomas Deichmann, la véracité des images prises le 5 août
1992 par le trio des journalistes britanniques à Trnopolje
où se trouvait un camp des prisonniers musulmans bosniaques
tenu par les Serbes. Dans un texte complet et étayé d’arguments,
intitulé The Picture
that Fooled the World, qu’il publia dans la revue britannique
Living Marxism (février 1997), Thomas
Deichmann prouvait, à la suite d’une enquête approfondie,
que des images sur Trnopolje diffusées par ITN avaient été
truquées : les prisonniers n’étaient point entourés
des fils barbelés, que le détenu squelettique dénommé Fikret
Alic, atteint de tuberculose, avait été choisi délibérément
parmi ses camarades, plutôt bien portants, et posté devant
les barbelés. Tout ceci afin de produire un effet choc sur
l’opinion internationale et la faire basculer, ainsi que
les gouvernements contre les Serbes, but qui fut pleinement
atteint.
Or, ce reportage a obtenu plusieurs prix, tout comme celui de John F.
Burns et de Roy Gutman qui fut, par ses articles rédigés
sur ouï-dire et parus dans Newsday
(juillet 1992), à l’origine de l’imposture sur des prétendus
camps de la mort serbes en Bosnie. Paniqués ITN
et le Guardian dans lequel Ed Vulliamy a publié
son récit sur les camps serbes, défendent ongles et becs
leurs versions des faits et vont jusqu’à intenter un procès
à Living Marxism, en même temps que de menacer
les imprimeurs de la revue et de traiter Deichmann et ses
amis à la fois de gauchistes et de fascistes. Ils affirment
même que vouloir donner une autre version des camps serbes
que la leur, équivaudrait en donner une autre des camps
nazis. La conclusion qui s’impose de ces quelques exemples, est et on ne peut plus claire : le
monstrueux Babel antiserbe se fissure, les aboyeurs sont
aux abois.
Rémy Ourdan du Monde et Marc Semo de Libération,
qui n’en finissent pas de se renier d’avoir écrit une seule fois la vérité
Comment ne pas évoquer dans ce palmarès, ô combien incomplet, de faiseurs
d'opinion antiserbe en France, le nom de M. Rémy Ourdan,
le correspondant du Monde
à Sarajevo? Il y avait quelque chose de profondément choquant
dans la violence avec laquelle il se déchaîna contre les
officiers français de la Forpronu en Bosnie, qu'il accusa de prendre partie des "extrémistes serbes" (Le Monde, 2/12/1995), alors que ces officiers,
dont le général Jean-René Bachelet, ne cherchaient qu'une
solution juste et humaine afin d'empêcher l'exode de 100
000 Serbes de Sarajevo, qui se profilait après les Accords
de Dayton. Et pendant que M. Rémy Ourdan, se faisant
le cerbère de ces accords, écumait de rage contre les "protecteurs"
français des Serbes accusant en même temps ces derniers
d'avoir occupé au début de la guerre les quartiers de Sarajevo
où, en fait, ils vivaient depuis toujours, le journaliste
américain M. John Pomfret reconnaissait ouvertement
dans le Washington Post (18/3/1996), la responsabilité
des musulmans dans la faillite des efforts pour une Sarajevo
multiethnique sur laquelle on avait tant parié. Tout comme
leur responsabilité était évidente lors de l'échec des Accords
de Lisbonne, en février 1992, ce qui fut prélude à la tragédie
bosniaque. Ainsi que l'a brillamment démontré David
Binder (New York
Times, 29/8/1993), qui incarne sans doute la conscience
de la presse américaine dans la tragédie yougoslave.
Le comble, c'est qu’un avocat aussi fougueux de la cause musulmane que M. Rémy Ourdan, après s'en être pris
aux militaires français coupables, à ses yeux, de leurs
sympathies proserbes, a cru de son devoir de s'en prendre
également à Ces Français qui défendent la cause serbe,
comme était intitulée sa diatribe (Le Monde, 1/2/1997). Ainsi traita-t-il
avec dédain des auteurs, comme MM. Jean Dutourd, Patrick
Besson, Vladimir Volkoff, Louis Dalmas et une vingtaine
d'autres cosignataires des volumes Avec les Serbes, Les Serbes et nous, Eloge
des Serbes, édités par L'Age d'Homme, qui ont l'audace
de faire entendre un tout autre son de cloche en France
au sujet des Serbes. Le plus extraordinaire, c'est que M. Ourdan
a écrit – à tout seigneur toute honneur – l'un des articles
des plus véridiques sur la Bosnie, intitulé La fin du rêve bosniaque (Le Monde, 28/9/1994). Il y démontrait,
preuves à l'appui, que c'étaient les dirigeants islamo-bosniaques
qui ne voulaient pas d'une Bosnie-Herzégovine multiethnique,
mais bien musulmane, ce que les Serbes n'avaient cessé d'affirmer
dès le début.
Pareillement fit un autre journaliste antiserbe notoire, M. Marc
Semo avec son article L'Islamisme
ambigu des autorités bosniaques, dans Libération
(16/3/1994), d'où il ressortait que le journalise, aussi
bien que son confrère du Monde, connaissait parfaitement
la vérité sur la Bosnie, mais se taisait. Cependant,
une fois n'étant pas coutume, les deux journalistes revinrent
sur le droit chemin n'en finissant pas depuis de se racheter,
de se disculper pour ces articles audacieux par d'innombrables
autres articles reprenant les habituels clichés antiserbes.
Devant cette accumulation des mots vains, inconsidérés, outranciers, mensongers,
calomniateurs, meurtriers qu'emploient les antiserbes, les
paroles du pauvre et du juste Job dont le peuple serbe vit
le sort ces dernières années, viennent spontanément à l'esprit.
Comme vous vous souvenez, Job dit à ses contradicteurs :
Vos
sentences sont des maximes de cendre,
réponses
de glaise, vos réponses!
(Job, 13,12)
Mais sans doute la faute est-elle moins à M. Rémy Ourdan qu'au journal
qui le publie et lui donne des instructions. En fait, Le Monde est devenu un véritable temple
de la pensée unique antiserbe. Certes, d'autres grands journaux
européens et américains, tels que Le
Figaro, le Corriere della sera, le Süddeutsche Zeitung, le Guardian, l'Independent, le New York Times, le Washington Post, ont versé, eux aussi,
dans la satanisation des Serbes, mais ont-ils, néanmoins,
publié de temps à autre des textes remarquables d'objectivité
et même en faveur des Serbes. Qui ne se souvient pas des
articles admirables d'Annie Kriegel dans Le Figaro, de David Binder et de A.M.
Rosenthal dans le New
York Times, ou bien du grand texte de Peter Handke dans
le Süddeutsche Zeitung, tous plaidant la
cause serbe. Et c'est l'Independent
(22/8/1992) qui révéla par un article de M. L. Doyle, à
la première page, la teneur du document secret des Nations
Unies d'après lequel le massacre des civils devant la boulangerie,
rue Vase Miskina, le 27 mai 1992 à Sarajevo, crime attribué
aux Serbes, était en fait perpétré par les musulmans pour
provoquer l'indignation et l'intervention militaire des
Occidentaux contre les Serbes Et, en effet, ils furent
punis pour ce méfait commis par d’autres, par des sanctions
économiques et par
un isolément général sans précédent.
Le Monde comme la forteresse de
la pensée unique
Seuls Le Monde et le Frankfurter Allgemeine Zeitung, parmi
les journaux prestigieux s'enferme dans la malédiction antiserbe.
Par d'innombrables articles émanant aussi bien de ses correspondants
sur place que de ses éditorialistes et de ses collaborateurs
extérieurs, tels que Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut,
André Glucksmann, Pascal Bruckner, Jacques Attali, Paul
Garde, Bernard Kouchner et bien d'autres qu'il devient lassant
de citer, Le Monde
n’a cessé d'accabler les Serbes, de les accuser de tous
les maux, d'appeler à leur écrasement, sans qu'ils ou leurs
amis aient
eu à un moment quelconque, la
possibilité de répondre. Comme chez vous, hélas, Mme Sinclair!
Le Monde poussa à l'extrême son intolérance envers toute opinion qui ne serait
antiserbe, lorsqu'il donna tort à M. Bernard Volker
quand celui-ci osa affirmer sur TF1 – ce que plus tard confirmèrent
Boutros-Ghali, Yasushi Akashi et lord Owen – à savoir que
le massacre du marché de Markalé, le 5 janvier 1994, n’avait
pas été provoqué par un obus serbe, mais musulman. Le Monde s'obstina à accabler Bernard
Volker et à être solidaire de l'obscure association Carton Jaune, qui a intenté un procès
à notre éminent confrère de TF1, et l'a perdu. Le Monde en exprima son déplaisir par
un commentaire désobligeant à l'égard de M. Volker
qui devait attendre des mois avant que le journal publiât
sa mise au point. Une telle attitude du Monde s'explique-t-elle par une phrase
sibylline de son directeur M. Jean-Marie Colombani,
prononcée l'autre jour durant un colloque sur l'intolérance,
organisé à la Sorbonne, lorsqu'il déclara que des
journaux pour survivre devaient prendre actuellement certaines
options?
On a également vu – et c'était l'une de mes grandes déceptions – Mme Christine
Ockrent ramasser et recommander aux Français le brûlot de
la plus vulgaire propagande nationaliste croate, intitulé
Le nettoyage ethnique – une idéologie serbe,
où les trois intellectuels croato-français, MM. Mirko
Grmek, Marc Gjidara et Neven Simac, se livraient à la satanisation
des plus grandes valeurs et des plus grands hommes de la
nation serbe, y compris le poète Niégoch, pourtant célébré
à l'instar d'un dieu par les plus grands Croates. Avant
de le faire Mme Ockrent aurait pu me consulter d'autant
que je lui avais, lors d'une longue conversation au début
de la guerre, expliqué les causes profondes de ces événements.
Elle m'avait aussi écrit pour s'excuser d'avoir laissé,
dans une de ses émissions où elle m'invita, en automne 1992,
délirer M. Finkielkraut, saisi alors de sa fièvre croate,
pendant une dizaine de minutes, alors qu'elle n’avait accordé
au pauvre de moi, qui était venu au débat avec une idée
chevaleresque, que la possibilité de placer deux ou trois
phrases durant vingt secondes. C'est tout, excepté quelques
interventions sur LCI, ce que j'ai eu au cours de six ans
sur les trois grandes chaînes françaises où MM. Alain
Finkielkraut, Bernard-Henri Lévy, Paul Garde, André Glucksmann,
Bernard Kouchner, Michel Polac et d'autres, ont passé des
heures, sinon des jours à nous diaboliser, nous les Serbes,
sans que nous puissions répondre, pas plus que nos amis
français. Est-ce juste?
D'entières messes antiserbes se sont déroulées à la télévision avec les
grands ordonnateurs, tels que MM. Jean-Marie Cavada
et Guillaume Durand, où l'on n'entendait et ne voyait aucune
victime, aucun prisonnier, aucun réfugié, aucun orphelin,
aucun témoin serbes, si ce n'était le précité Herak singeant
à longueur de soirées des crimes et des viols imaginaires.
Et s'il arrivait que l'on montrât les femmes serbes en train
de pleurer leurs morts, ce n'était que pour parler de théâtre,
de propagande, de souffrance feinte, alors que dans le cas
des femmes musulmanes et croates, c'était de la vraie douleur.
Pendant des années, on a commencé le journal télévisé en
dénonçant ce que les Serbes avaient fait de mauvais ce jour-là,
si bien que le présentateur de CBS News, en annonçant le tremblement
de terre qui, le 17 janvier 1995, avait détruit la ville
de Kobe et fait plus de 5.500 morts, ajouta: "Voici quelque
chose dont on ne peut pas accuser les Serbes."
N'empêche que lors de l'attentat contre World Trade Center, en février
1993, contre le musée des Offices à Florence, en mai de
la même année, ainsi que dans le métro parisien, en août
1995, le premier réflexe a été de soupçonner les Serbes.
J'ai même entendu à la radio France-Inter parler des quartiers
serbes de Belfast. Aussi, parmi des centaines de milliers,
sinon des millions de morts qui se décomposent au Rwanda
et au Zaïre et qui empestent l'Afrique et la planète toute
entière, les pourfendeurs des crimes serbes ont découvert
un charnier de 25 Zaïrois, prétendument massacrés par les
mercenaires serbes servant dans l'armée de Mobutu. On peut
être sûr que l'on pourchassera ces Serbes au fin fond de
la brousse africaine afin de les arrêter et traduire devant
le tribunal de La
Haye. C'est ce qu'on appelle les réflexes de chien de Pavlov, les incitations déterminées
répétées, créant des réflexes automatiques. Il est triste
que la télévision, au lieu d'éclairer les gens, les fasse
sombrer dans cet état de
conditionnement et d’abrutissement.
Deux féroces humanistes: Alexandre Adler et Jacques Julliard
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Deux
serbophobes notoires:
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Alexandre
Adler et Jacques Julliard
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Le cas de M. Alexandre Adler, ancien gauchiste et maoïste converti
en mondialiste, comme la plupart de la cabale antiserbe,
a franchement de quoi scandaliser. Bien que drapé dans la
toge de l’humaniste, il salua, dans un éditorial, intitulé
Lueur d'espoir dans
le naufrage, dans le Courrier
International (17/8/1995), le plus grand nettoyage ethnique
depuis la
Seconde guerre mondiale en Europe, l'exode
de 250 000 Serbes de Krajina et le rêve du raciste Starcevic
et du fasciste Pavelic enfin réalisé: la Croatie sans Serbes. Le corpulent
humaniste insistait en affirmant qu'il ne fallait avoir nulle compassion envers les civils
serbes qui fuyaient éperdument leur pays sous les bombes
croates. Bien que les Croates et les musulmans bosniaques
n’aient cessé, dès le début des hostilités en 1991, de commettre
les crimes les plus horribles contre les Serbes allant jusqu’à
fracasser leurs crânes au marteau pilon, les couper vifs
à la tronçonneuse, les décapiter ou les brûler vifs, comme
en attestent d’innombrables exemples, Adler donnait tout
la mesure de son humanité, en écrivant textuellement: «…l’atrocité
de leurs méthodes de guerre interdit toute compassion pour
leur civils…». Or sachez qu’il arrivait même à la Wermacht, durant la
Seconde guerre mondiale, de s’apitoyer
sur des civiles serbes et de les prendre sous sa protection
afin de leur éviter d’être massacrés par les Croates, les
Bosniaques et les Albanais tous au service de l’abomination
nazie! Alors que notre humaniste se montre d’un cœur de
pierre et va jusqu’à ricaner en se disant enchanté
à l'idée, lancée par un journaliste islamo-bosniaque, que
la France
procédât à des expériences atomiques en Bosnie serbe! Il
est évident que, loin d’être une conscience, ce que
se croit, Alexandre Adler n’en est que la dérision.
Citer tous ces monstres humanistes avec leurs injures, leurs calomnies,
leurs sottises, leurs glapissements, leurs vociférations,
leurs imprécations, leurs appels au meurtre, exigerait bien
d’épais volumes, mais je ne voudrais pas en omettre l’un
des plus coriaces et des plus redoutables, Jacques Julliard,
d’autant qu’il vous loue d’avoir déclaré, dans une de vos
émissions, qu’il fallait parachuter des armes aux islamo-bosniaques,
comme l’on avait fait aux maquisards, combattants anti-nazis
durant la Seconde guerre mondiale. Vous vous trouverez à la page 199 de son livre Pour
la Bosnie (Seuil 1996) où il réunit
en volume ses fantasmes,
ses élucubrations, ses geignements relatifs aux conflits
en ex-Yougoslavie, publiés en guise des chroniques dans
Le Nouvel Observateur, un autre antre antiserbe.
Naturellement qu’il porte aux nues la tourbe antiserbe avec
Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut, Bernard Kouchner
et le reste de la clique. Et
alors qu’il n’en finissait, dans son précédent livre, Ce
fascisme qui vient (Seuil 1994), de flétrir le fascisme inexistant serbe
pour la simple raison que les Serbes furent meurtris par
le fascisme, il passait complètement sous silence le fascisme
croate qui fleurissait sous ses yeux jusqu’à scandaliser,
comme nous l’avons vu, certaines parmi les personnalités
à l’Ouest pourtant acquis dans l’ensemble à la cause croate.
Du reste, c’est
cette même année, que le lieder croate, Franjo Tudjman,
se répandit en palinodie, par sa lettre du 10
février 1994, à M. Kent Schiner, président de B’nai B’rith.
Tout ce que Jacques Julliard a écrit à notre sujet, comme
d’ailleurs la plupart de ses acolytes, respire l’ignorance,
la bêtise, le mensonge et la méchanceté.
Ce ne sont que quelques exemples, les plus affligeants, parmi tant d'autres
de l'engagement outrancier antiserbe. Pensez que durant
des années le mot pater noster avait déserté presque toutes
les bouches pour y être remplacé par celui des frappes aériennes que l'on entendait même
de la bouche de l'Archiprêtre de Rome. Et lorsque enfin
on exauça tant d'ardentes prières et l'Otan, ayant pris
en pitié nos humanistes, déclencha finalement l'apocalypse
sur les Serbes de Bosnie, on poussa la perversion jusqu'à
parler des bombes
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