ISTINA broj 183                                   Beč, 8. mart  2008.

Komnen Becirovic

L'Europe contre elle-même au Kosovo

      Discours prononcé lors de la deuxième manifestation, le 2 mars 2008, place de la République à Paris, contre la reconnaissance de la province serbe du Kosovo, comme nouvel Etat albanais indépendant dans les Balkans.

       Chers amis, chers frères et sœurs,  Depuis le 17 février dernier lorsque, à l'instigation des Etats-Unis d'Amérique et de l'Union européenne, un groupe d'Albanais de la province serbe du Kosovo avec en tête l'ancien terroriste Hashim Thaçi au sinistre surnom de Serpent, a proclamé le soit disant Etat indépendant du Kosovo, l'opposition à cet acte arbitraire et criminel n'a cessé de grandir au cri, montant de la poitrine de millions des Serbes soutenus par leurs amis à travers le monde : le Kosovo est la Serbie ! le Kosovo est le cœur de la Serbie ! le Kosovo est l'âme de la Serbie !
Komnen Becirovic, Pariz 2 mars 2008      Oui, le Kosovo est la Serbie et l'âme de la Serbie, mais le Kosovo est aussi l'un des hauts lieux de l'Europe, de son histoire, de sa culture, de sa civilisation, de la défense de son identité et de sa pérennité. Il l'est de par ses splendides églises médiévales, de par la célèbre bataille qui s'y déroula, en 1389, entre les chrétiens et les mahométans, de par la grandiose épopée qu'elle inspira, de par le triste sort que les chrétiens y subirent sous l'oppression turco-albanaise. Au cours du temps se sont développées toute une historiographie et toute une littérature européennes qui témoignent du Kosovo précisément en tant tel, et où les Albanais n'apparaissent que comme les envahisseurs, comme les prédateurs au service du conquérant turc.
      Je ai apporté pour vous montrer un livre récent intitulé Trésor des récits épiques de l'humanité par Gérard Chaliand où l'Epopée du Kosovo figure parmi les grandes épopées du monde. Or ce chef-d'oeuvre de la littérature universelle est serbe. Je vous ai également apporté une haute image du Kosovo, celle de notre divine Gratchanitsa, emblématique des églises kosoviennes, un véritable joyau de l'art universel qui est tout aussi serbe, comme l'est tout le reste au Kosovo et en Métochie.  En fait, il n'y existe rien d'albanais, hormis le nombre et la terreur exercée par des intrus albanais en Serbie à l'ombre de diverses occupations, turque, fasciste, communiste et actuellement américano-européiste. Et parmi ces occupations, la pire aura été la dernière, car jamais auparavant, en un bref laps de temps, autant de Serbes, au nombre de 250 000, n'auront été chassés de la province, ni autant de leurs églises, au nombre de 150, détruites, ni autant de leurs cimetières, environ 70%, profanés et vandalisés que depuis 1999 ! L'image de ce Christ kosovien outragé, que je vous ai également apporté, au visage anéanti, à la gorge et aux mains entaillées, est le symbole du Kosovo martyr, dévasté, meurtri, quasi-nettoyé de sa population chrétienne ! Mais elle est également le miroir de l'inhumanité de nos humanistes, de la barbarie de nos civilisés, du totalitarisme de nos démocrates car, sans leur soutien politique, médiatique et militaire, les Albanais n'auraient jamais pu infliger ce terrible sort au Kosovo. Ce sont, donc, eux qui ont crucifié, une seconde fois, le Christ au Kosovo en fêtant ainsi à leur façon, dans une orgie du mal, son Deuxième millénaire.

     Les dirigeants américains et européens s'étant comportés en 1999, non seulement en assassins des gens et en destructeurs de leurs biens, mais également en assassins d'une part importante de la mémoire européenne dans les Balkans, leurs successeurs ou ceux d'entre eux qui, comme Javier Solana, exercent encore des fonctions, veulent coûte que coûte noyer leur méfait dans la création d'un Etat fantoche albanais sur les ruines du Kosovo serbe. Comme ils n'ont pas la nécessaire grandeur d'âme pour reconnaître de s'être trompés en 1999, ils violent leurs propres principes en créant un Etat mono-national  au moment même où ils ne jurent que par une Europe multinationale qu'ils prétendent construire. D'autre part, ils foulent aux pieds le droit international et la Charte des Nations-unies en même temps qu'ils dévalorisent jusqu'à l'annihiler tout ce que des générations d'auteurs européens ont écrit sur le Kosovo en tant que partie essentielle de la Serbie et sur l'apport de celle-ci au patrimoine et au maintien de l'Europe.

      Il ne faut pas les laisser valider, légitimer ce multiple crime contre l'esprit, contre la morale, contre le droit, contre la culture, contre la civilisation…! Il faut leur rappeler leurs grands hommes, il faut leur jeter au visage des pages lumineuses de Goethe, de Lamartine et de Victor Hugo, de Mickiewicz, de Ian Kolar, de Leopold Ranke, d'Adolphe d'Avril, d'Ernest Denis, d'Edourd Shuré, de Gabriel Millet, de Charles Diehl, de Gabriel d'Annunzio et de bien d'autres sur la Serbie, dans l'espoir de les éclairer sur la profondeur de leur aveuglement, sur l'étendue de leur aberration, sur la gravité de leur crime contre la Serbie et par là contre l'Europe elle-même.

      C'est pourquoi, chers frères et sœurs, en défendant le Kosovo serbe, nous défendons en même temps mille ans d'histoire, de culture et de civilisation chrétienne au Kosovo.

      Vive le Kosovo serbe ! Vive le Kosovo chrétien ! Vive le Kosovo européen!