Discours prononcé au Colloque international sur le patrimoine du Kosovo,
tenu a Belgrade, le 30 novembre 2007

     Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs, chers amis serbes,
Je voudrais, tout d’abord, exprimer ma profonde gratitude aux organisateurs de ce colloque pour leur obligeante invitation.

FRANZ WEBER prononce son discours au colloque sur le Kosovo  Et vous dire toute mon émotion de me trouver ici, avec vous, en Serbie, pres de dix ans apres ma derniere visite.
Immense injustice envers les Serbes. La Serbie, le seul pays bombardé a la fois par l’Allemagne nazie et par les démocraties de l’Ouest dont elle a été l’alliée la plus fidele dans le combat contre l’Allemagne nazie!
Mon saisissement est d’autant plus profond au vu de l’immense injustice dont ce pays continue a etre victime. Rares sont les cas dans l’histoire du monde ou une nation a fait l’objet d’un tel acharnement, d’un tel isolement et d’une telle inimitié générale. Quel est donc le péché de la Serbie, peut-on se demander, pour qu’elle doive subir ce triste sort qui a culminé en 1999 dans le bombardement de ses villes et villages par la plus puissante force militaire de tous les temps qu’est l’OTAN. Vous savez mieux que quiconque que Belgrade et les autres villes serbes ont été les seules en Europe a etre frappées a la fois par l’Allemagne nazie et, 58 ans plus tard, par les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la France, vos alliés de l’époque. Semant par leur sauvagerie tant de malheur et détruisant tant de beautés. Plus de bombes lâchées sur la Serbie que sur l’Allemagne nazie pendant toute la Deuxieme guerre mondiale! Effrayant, inconcevable! Quelle est donc cette inustice criante, cette malédiction, ce karma que la Serbie doit expier pour mériter que s’abatte sur elle cette haine universelle?
Nous devons, impérativement, pour le bien de toute l’humanité, trouver urgemment une solution durable et raisonnable pour la Serbie… et le Kosovo ! Car le Kosovo, c’est la Serbie ! Il est l’essence meme, il est véritablement l’âme de la Serbie.
Franz Weber avec le metropolite Amphilochie et Komnen Becirovic le 28 juin 1988, au monastere Moracha Pas uniquement une part historique et légitime de ce magnifique pays, c’est la Serbie en tant que patrie, en tant que civilisation, en tant que destin.
Que l’Occident se souvienne que les Serbes ont été les premiers en Europe a combattre Hitler et ses troupes, alors que la majorité des effectifs balkaniques des Nazis se constituaient principalement de Croates, de Bosniaques et d’Albanais!
Ma colere vis-a-vis de tant d’aberration, et ma volonté de me battre pour tenter de sauver ce qui pouvait encore l’etre de cet extraordinaire patrimoine, est née, il y a 20 ans, lors de ma premiere venue.
Ma premiere visite aux sanctuaires serbes de Stoudénitsa et de Moratcha, en juin 1988. Ma prise de conscience d’une civilisation, mon emerveillement devant les créations du génie serbe.
J’ai eu cette immense chance de visiter les hauts lieux de votre civilisation, de notre civilisation. J’ai été littéralement ébloui par les prodiges d’architecture et d’art qu’avait engendrés le génie du peuple serbe.
Franz Weber avec l´higoumene Jean et Komnen Becirovic au monastere de Stoudenitsa a la fin du juin 1988 Alertée en 1988, j’ai tout entrepris pour sauver au nom de ma fondation les monasteres et les paysages de Stoudenitsa et de Moratcha de l’anéantissement. Moraca…, disais-je alors, bouleversé: “C’est une priere faite de pierres”!
Une sympathie immédiate et profonde est née en moi pour une culture et pour une histoire. C’était un sentiment purement instinctif qui m’a frappé d’emblée, le sentiment de toucher aux portes du cosmos. Il est tres peu de sites qui vous offrent une telle révélation. Tout a coup une espece d’émerveillement et d’ouverture d’âme. Extraordinaire !
Je n’ignore pas non plus l’admiration qu’ont porté certains des plus grands esprits européens, comme Goethe ou Lamartine pour votre poésie épique. Une poésie unique au monde qui bouleversa toute la génération romantique européenne. Sans parler de l’indiscutable contribution de votre grand savant Nicolas Tesla au progres et a l’amélioration de la condition humaine.
Franz Weber avec Komnen Becirovic au monastere d´Ostrog, fin aout 2004Mon voyage au Kosovo, en juin 1998, sous le le signe de la protection de ses monuments de civilisatin face au menaces de l’Otan qui se précisaient sur la Serbie. Mon appel a l’opinion internationale, ma lettre a l’Unesco et au Parlement européen se heurtent a une langue de bois ou au mur du silence
Dix ans apres ma premiere intervention en faveur de Stoudénitsa et de Moratcha, j’ai été appelé au secours des monasteres et des églises du Kosovo. Cette nouvelle bataille, je l’ai, résolument, menée au service de la culture et de l’héritage spirituel de l’Europe.
Le temple funéraire de Dectchani - le plus opulent des sanctuaires du Kosovo - représente sans doute le meilleur exemple de symbiose entre les mondes grec et latin. Les monuments du Kosovo témoignent d’une époque ou le Commonwealth byzantin se considérait avec orgueil et non sans raison comme le seul héritier légitime de l’Empire Romain et donc dépositaire de la tradition chrétienne. En visitant ce site, j’ai été touché au plus profond de moi-meme. Il est une fenetre sur l’univers, il est l’esprit et la lumiere qui éclairent l’Europe dans sa quete de la paix.
Défenseur de la nature, mais aussi de la civilisation, je m’efforce, sans relâche, d’attirer l’attention du monde sur le sort des trésors de notre terre.
J’ai, en son temps, invité la presse internationale a visiter a son tour ces majestueux monuments menacés. Ce voyage s’est fait sous le signe de la paix et de la fraternité entre les peuples. Mon but était de faire connaître a l’Europe les richesses incommensurables de l’art et de la culture qui parsement le territoire du Kosovo – plus d’un millier monuments historiques répertoriés! - et de crier a la face du monde que nous sommes sur le point de les perdre!
Franz Weber lors dela reunion sur le Kosovo a la Sorbone,  le 26 mars 2006 (десно) Komnen Becirovic et Jean-Paul BledBouleversé par la beauté et l’importance de ce patrimoine universel et alarmé par le danger imminent qui le menace, j’étais saisi d’horreur a l’idée que ces créations de l’esprit humain et bien d’autres a travers le Kosovo, puissent etre anéanties, soit par les bombes de l’OTAN, soit par ses protégés, les extrémistes albanais. Je fis tout mon possible pour l’éviter, en lançant notamment un cri d’alarme depuis Gratchanitsa, le 28 juin 1998, et en écrivant au Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor, plaidant avec conviction la mise sous protection de cet inestimable patrimoine.
En meme temps, j’ai adressé a chacun des 626 parlementaires de l’Union européenne une lettre personnelle les priant d’appuyer de leur poids et autorité politique ma requete aupres de la seule instance mondiale capable d’intervenir en dehors de considérations partisanes. Car c’est bien en dehors de telles considérations qu’il faut tenir compte des liens inextricables qui existent entre les peuples et leur patrimoine historique.
FRANZ WEBER, Paris mars 2007Appel, adressé le 1 octobre 1988, aux dirigeants des grandes puissances d’empecher l’acte barbare de la destruction du patrmoine kosovien
Le 1er octobre 1998, j’ai également écrit a plusieurs chefs d’Etats et de Gouvernements, dont Bill Clinton, Tony Blair, Jacques Chirac, Helmut Kohl et Boris Eltsine, en invoquant le danger qui planait sur les chefs d’ouvres du Kosovo et en les suppliant d’agir au plus vite.
J’ai exprimé avec vigueur: «L’annonce des frappes aériennes sur le Kosovo par l’OTAN m’inquiete profondément. C’est au nom de l’Europe civilisée que je vous conjure de faire l’impossible pour empecher cet acte barbare. Car il est évident qu’un bombardement, sous prétexte de remédier a la catastrophe humanitaire, signifierait l’anéantissement pur et simple du patrimoine culturel du Kosovo. A quoi s’ajouteraient d’innombrables victimes civiles et des effets néfastes sur l’environnement et la santé de la population.» J’ajoutai encore: «Est-il besoin de souligner qu’il n’est pas possible de résoudre la catastrophe humanitaire au Kosovo en le mettant a feu et a sang, parce qu’on ne regle pas le contentieux séculaire entre Serbes et Albanais en bombardant les uns au profit des autres.»
Je voulais appeler a ce que l’on confere aux monuments du Kosovo, aussi bien musulmans que chrétien, le statut de patrimoine universel, et ainsi aider les Serbes et les Albanais a surmonter leurs antagonismes du passé et a ouvrer a la réconciliation mutuelle.
Malheureusement, par manque total de raison de la part de mes interlocuteurs, je me heurtais a un mur de silence, a des réponses vagues et évasives, notamment de la part de l’UNESCO.
Appel au président Clinton, par une Lettre ouverte du 24 avril 1999, d’arreter la guerre, la destruction des vies humaines, des biens matériels et culturels, la contamination de l’environnement par des matiéres radioactives et autres
Lorsque l’OTAN mit ses menaces a exécution, en lançant ses premieres bombes sur la Serbie, le 24 mars 1999, je ne pouvais regarder qu’avec douleur ce déchaînement sauvage, qui avec les vies humaines, engloutissaient l’ouvre de générations entieres, contaminant en sus la nature pour de longs millénaires. Je me devais de prendre la plume pour adresser dans une lettre ouverte au Président des Etats-Unis, Bill Clinton, que je lui adressai le 24 avril 1999. J’appelai a l’arret immédiat de la folie meurtriere, en écrivant:
«La guerre est toujours un défi aveugle aux valeurs fondamentales de l’humanité, car elle ne considere pas la vie humaine et ne la respecte pas, mais la détruit et l’éradique (…). Si les Européens opposés a cette guerre pouvaient vous parler, ils vous feraient part de leur révolte de voir l’Amérique, bien a l’abri sur son continent aux antipodes, bombarder a coup de centaines de millions de dollars par jour, outre des cibles militaires, également des hôpitaux, des écoles, des usines, des administrations, des ponts, des quartiers résidentiels, des églises, des monasteres, des réfugiés albanais et serbes, et d’envisager froidement, toujours sous le couvert d’une «action humanitaire», la contamination chimique et radioactives de grandes parties du continent européen en frappant aujourd’hui des raffineries et des usines chimiques, demain des centrales nucléaires (…). Ils vous diraient que vous détruisez la terre, la faune, la flore, l’environnement non seulement des Serbes mais aussi d’innombrables Albanais. Que vous détruisez leurs vies, leur santé, leurs espoirs, leurs ouvres, leurs structures matérielles et sociales et leurs racines spirituelles et culturelles. Que vous causez une catastrophe mille fois plus grande que celle que vous prétendez combattre (…). Ils vous diraient qu’il faut dissoudre cette alliance de malheur qu’est l’OTAN et la remplacer par une alliance mondiale de la paix qui impose le dialogue en toute circonstance par les moyens non violents.»
Je le répete ici: le Kosovo serbe, constellé de merveilleuses églises et monasteres, est une porte vers le ciel. La splendeur et la densité de cette culture et de la foi orthodoxe ne peut se comparer en Europe qu’avec la Toscane, l’Anjou, la Bourgogne ou le mont Athos.

Le Kosovo porte en lui tous les fondements de la civilisation européenne. On ne peut etre que consterné, abasourdi, de constater que l’Europe ait pu tirer froidement, soit par lâcheté, soit par indifférence, un trait sur ce foyer de civilisation. Les européens n’ont pas d’excuses ! Nos bureaucrates ont simplement plié devant une pression islamique dont ils sont les complices ! Ce faisant, pourtant, ils scient la branche sur laquelle ils sont assis…
Si les monuments orthodoxes du Kosovo ont connu une longue histoire de pillages et d’incendies depuis le XVe siecle, le cataclysme survenu depuis 1999 n’a aucun équivalent dans l’histoire ! Quelle honte pour l’OTAN, quelle honte pour l’ONU!

Le Kosovo constelé de merveilleuses églises et monasteres est une porte vers le ciel. Il est l’un des foyers de la civilisation européenne!
C’est pourquoi, le Kosovo ne doit pas devenir indépendant. Le Kosovo est un sanctuaire et ce qu’il adviendrait alors serait une catastrophe ! Les derniers chefs d’ouvres de la construction chrétienne seraient purement et simplement rasés. On ne doit pas permettre cela ! Le Kosovo est pour les fideles de l’Eglise orthodoxe, le Vatican des catholiques, les trois cantons fondateurs de la Suisse primitive pour mon pays, en deux mots : un centre historique et spirituel ! Les monuments du pays sont déja soumis a la volonté acharnée d’une éradication culturelle qui trahit une volonté d’effacer les dernieres traces de la présence d’un peuple et d’une religion dans cette région devenue tour a tour base américaine et plate-forme du trafic de femmes et de drogue. Le Kosovo doit etre serbe ! Dans l’intéret des valeurs essentielles de l’Europe ! Nous devons ensemble défendre le Kosovo, par amour de la Serbie, mais aussi par amour de l’Europe et de sa civilisation.
Le désastre humain, écologique, culturel et moral provoqué provoqué par l’OTAN en Serbie et dans les Balkans
Le désastre humain, écologique et culturel du Kosovo a été amplement traité, preuves a l’appui, lors du Colloque international sur la guerre de l’OTAN contre la Serbie, que j’avais organisé, le 18 et le 19 mai 1999, en Suisse, au Grandhôtel Giessbach. Malheureusement, tout ce qui a été dit durant ce colloque et ce que j’ai écrit dans ma lettre au président américain, n’a cessé depuis d’etre tristement traduit dans les faits. On l’a vu au lendemain de la cessation des bombardements avec l’exode d’un quart de million de Serbes du Kosovo, avec l’usurpation et la déprédation de leurs biens, avec la profanation et la destruction de leurs églises et de leurs cimetieres par les Albanais, avec l’enfermement dans le goulag du restant de la population serbe et avec la vague de terreur albanaise qui s’abattit sur cette population en mars 2004…, tout cela malgré la présence des troupes de l’OTAN qui devait, je cite, assurer une vie normale a tous les habitants de la province!
D’autre part, des rapports établis par des spécialistes font constat d’effets des plus néfastes sur l’environnement et sur la santé des populations serbe et albanaise, notamment la progression spectaculaire des cancers suite a la guerre chimique et radiologique que l’OTAN, violant toutes les conventions internationales, a menée dans les Balkans. On estime que les 40 000 projectiles lancés par l’aviation sur la Serbie, ont dégagé une quantité de matiere radioactive équivalente a celle qu’aurait dégagée l’explosion d’un réacteur nucléaire ! ceci sans parler des dégâts infligés a la couche d’ozone avec les 70 000 vols effectués sur le pays. Et aujourd’hui, on se prépare a légitimer ce crime par la reconnaissance du Kosovo comme état indépendant ! « Quand on ne peut pas effacer ses erreurs, on les divinise », disait Chateaubriand. L’Ouest, faute de reconnaître ses méfaits au Kosovo et d’une façon général envers la nation serbe, va donc, sans surprise les légaliser...
L’hégémonie étasunienne au travers de l’OTAN est néfaste pour les valeurs positives de l’humanité. Le jeu joué par les Américains pourrait s’avérer fatal pour l’avenir de la planete toute entiere. C’est pourquoi, l’affaire du Kosovo, ou l’OTAN a voulu faire la démonstration de sa force, dépasse largement le contentieux serbo-albanais, si ancien soit-il, et se situe incontestablement dans un contexte planétaire.
Le patrimoine du Kosovo a plus souffert de l’occupation des démocraties de l’Ouest, que des siecles de regne esclavagiste turc et de la férule des Albanais, passés pour la plupart a l’islam, sur les peuples balkaniques!
L’une des merveilles, datant de 1308, qui m’avait fort impressionné lors de mon voyage de 1999 est La Vierge miséricordieuse de Liévichka. La voila telle que je l’avais vue et admirée alors, et voici telle qu’elle est aujourd’hui! Jugez par vous-memes! Regardez aussi cette carte des ravages du patrimoine chrétien du Kosovo! Comment ne pas etre ému?!

Au vu de la dynamique actuelle de l’islam et du déclin du christianisme, nous devons encourager la coexistence et la cohabitation des peuples et de leurs croyances, sans laisser une d’entre elles prendre le dessus sur l’autre! Il serait injuste que les églises serbes détruites au Kosovo soient simplement remplacées par autant de mosquées!
S’opposer a toute indépendance du Kosovo, a sa déchristianisation, oeuvrer a la réconciliation des Serbes et des Albanais, faire revenir au Kosovo 250 000 réfugiés serbes, réconnstruire les monuments détruits, préserver le Kosovo dans le cadre de la Serbie et de la civilisation européenne
C’est pourquoi, il faut continuer de s’opposer farouchement a la consécration d’une telle injustice que serait la reconnaissance du Kosovo actuel comme état indépendant, non seulement parce que la nation serbe se trouverait dépossédée de la partie essentielle de son territoire, de son histoire et de sa culture, mais aussi parce qu’un tel acte inconsidéré de la part des Etats-Unis et de l’Union européenne, pourrait encourager des mouvements séparatistes en Europe et dans le monde et conduire a d’autres conflits ethniques et confessionnels, a d’autres malheurs. Au lieu de cela, il faut ouvrer a la réconciliation des Serbes et des Albanais par-dessus l’abîme de leur inimité, notamment en faisant regagner aux 250 000 réfugiés serbes leurs foyers désertés au Kosovo.
La déchristianisation totale du Kosovo, terre sainte d’Orthodoxie dans les Balkans, heurterait profondément l’Orthodoxie en général. Cela porterait préjudice au mouvement de rapprochement, sinon d’union du Catholicisme et de l’Orthodoxie, que l’on ne peut que saluer. Il serait grave pour les relations internationales d’ignorer l’opposition ferme de la Russie a cette extraction violente du Kosovo de la Serbie.
Aujourd’hui, il faut absolument sauver des barbares les trésors culturels. Nous devons tous empecher que les barbares de notre époque saccagent les trésors culturels irremplaçables qui sont répartis sur tout le Kosovo et que les barbares antérieurs ont en partie respectés!
Nous devons etre conscients, une fois pour toute, que les peuples sont liés a leurs monuments religieux par des liens inextricables. L’héritage spirituel et culturel que cela représente doit motiver chacun de nous a se battre pour sa conservation.
Devant la merveilleuse beauté de tels édifices et le rayonnement d’une telle histoire, on ne peut que s’incliner. Ils sont une fenetre sur notre propre histoire, sur nos racines.
Le Kosovo détient une profusion de diamants, les uns plus beaux que les autres.Si une bonne parit est
malheureusement détruite, nous devons le réconstruire. Nous devrions garder, choyer et honorer ces monuments qui sont véritablement un instrument de paix.
Comme la planete est polluée par des matieres toxiques, l’âme du monde l’est par le mensonge. Créons un Comité mondial pour la vérité sur le peuple sebe... Seule la vérité peut sauver le monde!
Durant mes 150 campagnes a travers le monde, j’ai défendu aussi bien les ouvres de l’homme que celle de la nature, j’ai combattu la pollution de l’âme aussi bien que celle de l’environnement. Or, tout comme la planete est aujourd’hui contaminée par toutes sortes de matieres toxiques, l’âme du monde est contaminée par le mensonge qui, comme le dit l’Evangile, est le mal et le pere du mal. On l’a bien vu a travers le mensonge du nettoyage éthnique au Kosovo et du prétendu massacre de Ratchak qui ont servi de prétexte a l’OTAN pour déclencher la guerre contre la Serbie, de meme que l’on a usé du mensonge des armes de destruction massives pour déclencher la guerre de l’Irak. Il est évident que cette situation malsaine ne peut etre assainie que par la vérité.Profitons donc de cette haute assemblée pour lancer l’idée de la création d’un Comité mondial pour la vérité sur le peuple serbe, ainsi que sur d’autres peuple victimes du meme mal du mensonge, un Comité qui disposerait des moyens nécessaires médiatiques, notamment de la télévision, ne fut-ce que de la télévison par internet.
Dostoievsky disait: Seule la beauté peut sauver le monde. Hélas, le comportement des hommes s’est aujourd’hui a tel point aggravé que nous devons corriger ce dicton: Seule la vérité peut sauver le monde!
L’art sacré du Kosovo et l’Epopée du Kosovo sont a jamais inscrits dans la mémoire de l’humanité
Tel, Mesdames et Messieurs, est l’une de mes suggestions, l’un de mes voux, et en le formulant devant vous je ne fais que poursuivre le combat que je mene depuis toute ma vie pour la préservation et l’affirmation des valeurs éthiques, culturelles et spirituelles les plus hautes, ce qu’André Malraux appelait la noblesse du monde. Cependant je tiens a vous dire que, quoi qu’il advienne du Kosovo, une chose est claire : rien ne pourras effacer de la mémoire de l’humanité, ou elles sont a jamais inscrites, les splendeurs et les harmonies célestes de Gratchanitsa, de Detchani, de Petch, de Liévichka, de meme que l’OTAN avec toutes ses bombes n’ait pu bruler les pages immortelles de l’Epopée du Kosovo. C’est qu’elles sont, les unes et les autres, du domaine de l’absolu, pour paraphraser le titre bien éloquent du livre de notre ami Komnen Becirovic, Le Kosovo de l’absolu, traitant précisément de l’héritage kosovien a travers l’art sacré et la poésie également au caractere sacré. Si bien que les décideurs du sort du Kosovo, pourraient éventuellement arracher cette terre sacrée en tant que territoire au peuple serbe, ne pourront jamais l’arracher en tant qu’espace infini de l’âme, tant il est vrai que la question du Kosovo, avant d’etre politique et démographique, est celle d’âme, de conscience, de justice et de vérité.


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