ISTINA
br. 133
Beč, sreda 7. novembra 2007.
LA
FABLE DU MASSACRE DE SREBRENICA
Louis DALMAS
Décidément, les Serbes nont pas de succes avec
les femmes. Apres Louise Arbour, Madeleine Albright, Carla del Ponte,
Sylvie Matton, Louise Lambrichs, entre autres, voila Florence Hartmann
qui ajoute son petit crottin haineux a la diffamation générale.
Avec ce rebondissement inattendu : si les archanges de la morale
sévissant a La Haye nont pas pu prouver la culpabilité
des principaux criminels de Belgrade, cest parce
que leur vertueuse croisade a été sabotée par
une communauté internationale craignant de voir étaler
au grand jour quelques-unes de ses turpitudes. Une façon
originale dexpliquer un échec notamment dans
le cas de Slobodan Milosevic du bien plus a une absence de
preuves qua une prétendue protection de laccusé.
Maurice Pergnier, Patrick Barriot et Kosta Christitch vous disent
mieux que moi ce quon peut penser de cette crise
de racisme antiserbe, opportunément relayée par les
grands médias au moment ou se décide le sort du Kosovo.
Les clichés resurgissent, les mensonges se répetent.
Lun dentre eux, particulierement tenace, mérite
quelques mots. Cest celui du soit-disant génocide
de 8.000 musulmans en 1995, a Srebrenica.
Hartmann, qui sait probablement que cette fable ne correspond a
aucune réalité, est prudente. Elle naffirme
pas, elle se contente dinsinuer. Interviewée par lExpress
(6 septembre 2007), elle ne dément pas linterrogateur
qui parle du massacre de 8.000 civils. 8.000 personnes manquent
a lappel, se contente-t-elle de répondre. Sans
plus préciser, elle noircit le contexte. Dans son livre,
par exemple, lévacuation des femmes et des enfants
de Srebrenica, organisée par Mladic, devient une déportation.
Evidemment, il fallait discréditer lopération
car elle prouvait quil ny avait jamais eu de génocide.
Cest par la répétition de ces petites touches
que le massacre est coulé dans le bronze du fait acquis.
Incontestable, indiscutable, irréfutable. Comme pour tout
préjugé, vouloir le déraciner nest pas
discuter rationnellement, cest commettre un péché
moral. On na pas le droit de mettre un dogme en question.
Pourtant elles saccumulent, les indications qui ébranlent
ce dogme. Beaucoup sont recensées dans le livre Le
dossier caché du génocide de Srebrenica,
publié par les Editions du Verjus. Sur les 8.000 disparus,
3.000 ont été retrouvés par la suite, apparemment
indemnes, sur les listes électorales de la Croix Rouge. Jusquici,
environ 2.200 cadavres de toutes origines ont été
officiellement exhumés en différents endroits, dont
certains restes remontent a des combats antérieurs a juillet
1995 (on est loin des 8.000 musulmans exécutés). Laffaire
de Srebrenica a été montée en épingle
comme diversion a la plus féroce opération de nettoyage
ethnique depuis la Seconde guerre mondiale, qui se déroulait
au meme moment : lexpulsion par les Croates, équipés
et armés par les USA, de 250.000 Serbes (vraiment civils
cette fois !) de la Krajina. Tout cela est désormais de notoriété
publique. Mais Hartmann, enfermée dans ses mensonges, affecte
de ne pas le savoir.Si
les obsédés de son genre voulaient bien descendre
de leur piédestal de moralité offensée, on
pourrait discuter sans passion de ce qui a du se passer a Srebrenica.
Lhypothese la plus raisonnable est que trois éléments
(dont la réalité a été prouvée
par de nombreux témoignages) se seraient combinés
pour faire de la chute de la ville un épisode sanglant.
1) Des combats ont éclaté entre musulmans qui voulaient
défendre leur position et musulmans qui voulaient labandonner.
2) Les unités de limportante garnison musulmane de
Srebrenica (soit-disant démilitarisée), qui senfuyaient
dans les forets avoisinantes, ont été attendues par
les forces serbes qui les ont décimées.
3) Mladic, apres avoir séparé les combattants prisonniers
des femmes et des enfants, a donné lordre de les évacuer
(comme cela sest fait sans incident a Tuzla), mais ils ont
été attendus par les survivants des villages des environs,
incendiés et pillés pendant trois ans par les hommes
de Naser Oric. Cest la, apres le départ de Mladic,
quont eu lieu des reglements de comptes et des exécutions
sommaires.
Tout cela accumule les victimes mais ne sort pas du cadre horrible
de toute guerre. Le dogme dun massacre ordonné de la
population civile nest quune pure invention.
Hélas, rechercher la vérité dans les faits
est impossible avec des gens qui crachent au lieu de penser. Ou
qui pontifient au lieu de réfléchir. En cela, Hartmann
ne fait que suivre lexemple des trois grâces du potin
mondain qui regnent sur lintelligentsia parisienne : BHL,
Finkielkraut et Glucksmann. Ils ont soutenu la farce du TPI depuis
le début, se sont trompés dans toutes leurs analyses,
et continuent a se croire aussi infaillibles que le pape. Pourtant
leurs contorsions politiques devraient pousser a sen méfier.
BHL (lami de lintégriste musulman Izetbegovic),
pour qui la gauche nexiste plus, dit quil en fait toujours
partie; Finkielkraut (lami du profasciste et antisémite
Tudjman), pour qui la gauche nexiste plus, ne sait plus ou
il en est ; Glucksmann (lami des terroristes tchétchenes),
pour qui la gauche nexiste plus, a franchement rejoint la
droite. Un trio de confusionnistes mentaux dont Flo-rence Hartmann
sest inspirée pour théoriser sa désinformation.
Et un récital dacrobaties qui ne leur évitera
pas la chute finale.
Ils finiront tous, avec la porte-parole de la cour dinjustice,
dans la poubelle de lhistoire.
Louis
DALMAS.
B.
I. n° 126, novembre 2007.
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