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Le cœur de la Serbie va-t-il cesser de battre?
Allocation
prononcée par le docteur Patrick Barriot lors de la réunion Kossovo:
une question de civilisation, tenue dans l’amphithéâtre Guizot à la
Sorbonne, le mercredi 28 mars 2007. Monseigneur,
Excellence, Mesdames, Messieurs, Braco i Sestre,
Dobro vece! Une civilisation
peut mourir de mort naturelle, au terme d’un long processus d’épuisement
et de décadence, mais elle peut aussi mourir de mort violente, sous les
coups répétés des assassins. Depuis le mois de juin 1999, les agressions
oppressives et meurtrières se sont multipliées au Kosovo à l’encontre
des Serbes et des minorités non-albanaises. Nous gardons tous en mémoire
les actes barbares du mois de mars 2004. Aujourd’hui le saccage des monastères
orthodoxes est un fait accompli à l’échelle du Kosovo-Metohija, de même
que le regroupement des populations serbes dans des enclaves où leurs
conditions de vie sont atroces et où leur sécurité n’est pas assurée.
Elles n’auront d’autre choix que la valise ou le cercueil. C’est le regroupement
avant l’élimination. Et pourtant,
nous voyons de jeunes couples serbes tenter de fonder leurs foyers au
Kosovo, alors qu’ils sont encerclés et menacés. Et pourtant, nous voyons
des prêtres orthodoxes, exposés à de nouvelles dévastations, relever les
ruines de leurs monastères dont il ne restait pas pierre sur pierre. N’est-ce
pas là un véritable «ferment
de civilisation», pour employer une expression du pape Benoît XVI. Tout
récemment, à l’occasion du cinquantenaire du Traité de Rome, le Pape a
fustigé une Europe qui «nie ses racines» et qui se rend coupable d’une
forme «d’apostasie d’elle-même», en négligeant les valeurs chrétiennes
qui «constituent l’âme du continent» et un «ferment de civilisation».
Le pape a appelé de ses vœux la résurrection de la chrétienté médiévale.
Mais n’y a-t-il pas une sorte d’incohérence à désirer ardemment la résurrection
de la chrétienté médiévale et, dans le même temps, assister indifférent
à l’élimination systématique de tout ce qui a survécu jusqu’à nos jours
de cette chrétienté médiévale au Kosovo. Le Kosovo-Metohija est la terre
des rois serbes, le Kosovo-Metohija, comme son nom l’indique est la terre
de l’église serbe, le Kosovo-Metohija est la terre des paysans serbes.
Le projet de constitution européenne exclut toute référence à l’héritage
chrétien, comme il a exclu toute référence à l’héritage grec et au siècle
de Périclès. Nous sommes soumis aux apostats et aux renégats. Au Kosovo,
les «praticiens» de la communauté internationale considèrent la petite
constellation de ruines qui se relèvent et d’enclaves qui résistent comme
un tissu dévitalisé, un tissu nécrotique qu’ils ont décidé d’exciser.
Ils ne proposent pas un traitement curatif ni même un traitement palliatif
pour atténuer les souffrances. Non, ce qu’ils préconisent, c’est l’euthanasie
active par injection létale, appliquée à un patient (au sens étymologique
du terme) qui ne demande qu’à vivre. Vous le savez peut-être, l’injection
létale, utilisée également pour l’exécution des condamnés à mort, comporte
l’administration successive de trois produits: un agent anesthésique qui
éteint la conscience, un curare qui paralyse les muscles et du chlorure
de potassium qui provoque un arrêt cardiaque. Pour le Kosovo, l’agent
anesthésique c’est le simulacre de négociations, le curare c’est la «communauté
internationale», le chlorure de potassium c’est l’indépendance. Tout au long
du simulacre de négociations organisé par monsieur Martti Ahtisaari à
Vienne, le terme «indépendance» a été soigneusement évité. Il vient d’apparaître
subitement dans le projet final déposé devant le Conseil de sécurité des
Nations unies. Durant la phase de négociations il fallait endormir les
opinions afin qu’elles ignorent que tout était décidé d’avance. Ce penthotal
diplomatique n’avait d’autre but que d’imposer l’inacceptable à la partie
serbe pour l’accuser ensuite de l’échec des négociations. L’intervention
de la communauté internationale pose la question de l’expression démocratique.
Qui, par exemple, a décidé au nom du peuple français de soutenir l’indépendance
du Kosovo? Nos députés peuvent-ils répondre à cette question? Je crois
pouvoir y répondre. La «communauté internationale» se résume à de puissants
groupes de pression et de réflexion (les fameux lobbies et think tanks),
en particulier l’International Crisis Group qui rassemble aussi bien des
financiers comme George Soros, des généraux américains comme Wesley Clark,
des hommes politiques ou des diplomates nord-européens comme Martti Ahtisaari.
Ils ont tous en commun la haine de la Serbie. Leurs plans sont mis à exécution
par des structures internationales, au premier rang desquelles le TPIY.
Ce dernier a pour mission de paralyser les forces serbes et de livrer
le Kosovo aux criminels et mafieux albanais tels Hashim Taci, Agim Ceku
ou Ramush Haradinaj. L’histoire de l’ex-Yougoslavie n’est pas écrite par
les historiens mais par les procureurs du TPIY qui propagent une version
falsifiée de l’histoire. L’argument de la faute collective, qui s’appuie
sur les falsifications historiques du TPIY, a été employé par monsieur
Martti Ahtisaari lors des négociations sur le futur statut du Kosovo. Monsieur
Ahtisaari a déclaré à la partie serbe: «vous devez assumer le poids du passé». Pour le TPIY,
le peuple serbe aurait commis des crimes inexpiables et il doit payer
une immense dette collective pour tenter de se racheter. Et comment doit-il
se racheter? En donnant l’indépendance au Kosovo. Le TPIY est aidé dans
ses basses œuvres par la Minuk et la Kfor. Je ne parlerai de ces deux
forces internationales que pour dire qu’elles ont lamentablement échoué
dans toutes les missions qui leur ont été confiées: elles n’ont pas désarmé
l’UCK, elles n’ont pas protégé les minorités non-albanaises, elles n’ont
pas endigué la criminalité organisée par la mafia albanaise. Le patient
est désormais endormi est curarisé. Le chlorure de potassium peut-être
injecté. Voici venu le moment de l’indépendance. Que la Russie mette ou
non son veto, il y a tout lieu de penser que le statut final du Kosovo
sera l’indépendance au terme de nouvelles violences, car telle est la
volonté de la «communauté internationale» et de l’Union européenne.
Voila, mesdames et messieurs. Le pronostic est particulièrement sombre.
Le chlorure de potassium coule dans les veines de la Serbie. L’arrêt cardiaque
est imminent. Je crains que cette soirée ressemble à un compte-rendu d’autopsie
et ne soit qu’une façon poétique de rédiger un faire part de décès. To je ziva
istina, hvala lepo! Patrick
Barriot | |||
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