Deux héros français de la vérité serbe
 
Allocution prononcée par Komnen Becirovic lors de la présentation du livre de Patrick Barriot et Eve Crépin, Le procès Milosevic ou l’inculpation du peuple serbe, aux éditions L’Age d’Homme, le 15 décembre 2005, dans la Salle Lumière à Saint-Germain-de Prés à Paris.

Le livre de nos amis Patrick Barriot et Eve Crépin couronne plus d’une décennie de leur combat surhumain pour secourir le peuple serbe meurtri tant dans son âme que dans sa chair, car victime de mensonge, de satanisatation, d’isolement, de sanctions, d’agression interne et externe, de conspiration universelle de silence, d’une politique et d’une justice européenne et américaine aberrantes. Autant de maux qui donnent l’idée du multiple engagement de nos amis : d’abord, en tant que casques bleus en Krajina et en Bosnie pour offrir l’assistance médicale aux blessés et aux malades; puis, en tant qu’apôtres de la vérité par des livres, par des textes et des conférences sur le martyre serbe; ensuite, en tant que travailleurs humanitaires se rendant, mus par une fidélité à toute épreuve, dans une Serbie sous les bombes de l’Otan, puis au Kosovo dévastée par la fureur albanaise allumée et cautionnée par Kouchner et sa clique; et enfin, en tant que témoins devant le tribunal de La Haye où ils ont eu, tels des héros mythiques, à affronter un véritable monstre antiserbe sous les traits de la procureure Carla del Ponte.
Il faut, en effet, lire la somme de leurs dépositions qu’est ce livre pour se rendre compte du parti pris de Carla del Ponte contre les Serbes, des efforts qu’elle a  déployés pour faire plier Patrick Barriot et Eve Crépin afin de les faire rentrer dans sa logique inquisitoriale, ainsi que de son désarrois et de sa fureur impuissante qui tourne au grotesque devant la constance de nos deux amis qui ne se sont pas laissés déstabiliser. Bien au contraire, ils sont demeurés inébranlables en répétant  inlassablement, preuves à l’appui, la vérité première de la tragédie yougoslave à savoir que la guerre, aussi bien en Croatie, en Krajina, en Bosnie qu’au Kosovo, avait été imposée aux Serbes et qu’ils ont agi, dans la plupart des cas, en état de légitime défense. Autant la procureure s’est montrée de mauvaise foi, irascible, hargneuse, autant les deux témoins ont fait preuve de calme, de pondération et de sérénité, comme des gens qui se savent profondément dans la vérité. J’ai savouré particulièrement le passage où Carla del Ponte furibonde lance à Patrick Barriot: «Pourquoi continuez-vous d’appeler Slobodan Milosevic «Président», alors qu’il ne l’est plus depuis des années? Et l’interpellé de répondre avec un brin d’humour que c’était une règle de la courtoise française de toujours appeler, Président, par déférence, quelqu’un a été une fois président de la République.
Par contre, le livre acquiert une autre dimension avec le long entretien de Patrick Barriot et d’Eve Crépin avec Slobodan Milosevic, qui constitue une vision des plus véridiques du drame yougoslave avec ses profondes causes historiques, religieuses et culturelles. A celles-ci se sont malencontreusement ajoutées, pour l’aggraver, des ingérences extérieurs néfastes, comme le discours idéologique droit-de-l’hommiste de nos prétendues élites, la vengeance de l’Allemagne envers les Serbes, résolue d’effacer les derniers restes du traité de Versailles, ou la volonté de puissance et d’hégémonie mondiale de la part des Etats-Unis, ce dont traite précisément le général Gallois dans la préface de l’ouvrage. D’autre part, il est patent combien, avec le recul du temps, des mensonges médiatiques et politiques, proférés durant les événements évoqués dans ce livre, apparaissent aujourd’hui dans leur nudité, honteuse et criminelle!
Prenons un seul exemple, celui de Florence Hartmann, véritable âme damnée de Carla del Ponte, si, toutefois, celle-ci n’en était pas une elle-même: l’actuelle porte-parole du tribunal de La Haye, alors journaliste du Monde, pourfendait à la une de ce journal, en date du 9 mai 1995, le rapport des Nations unis faisant état de nombreux crimes de la soldatesque croate en Slavonie, et soutenait bec et ongles que l’armée croate, au contraire, s’y était comportée presque en Armée du salut, alors que l’envoyé spécial du Figaro sur place, Xavier Gautier, rapportant le même jour l’odeur de cadavres se dégageant des villages serbes détruits et la hâte des équipes médicales croates d’en effacer les traces. Or cette même Florence Hartmann, aux ordres de procureure Carla del Ponte, pourchasse depuis plusieurs années certains généraux croates ayant menés des opérations meurtrières qu’elle avait encensées et glorifiées à l’époque. Notons toutefois que lors la récente arrestation du général Ante Gotovina, les médias aient évité de montrer la moindre séquence, la moindre image de crimes dont il est accusé, alors que l’arrestation et le transfert à La Haye des inculpés serbes sont habituellement accompagnés d’un flot de crimes, d’atrocités et de destructions de toute sorte. Et pourtant Ante Gotovina s’est tellement distingué dans ses sinistres exploits contre les Serbes qu’il a été promu par Tudjman, en six mois seulement, du grade de d’ex-caporal de la Légion étrangère à celui du général de l’armée croate!
Toujours est-il que nos deux auteurs ne peuvent qu’éprouver de la fierté de tout ce qu’ils ont fait, de chaque ligne qu’ils ont écrite depuis dix ans, alors que leurs adversaires de la caste médiatico-politique, ne peuvent ressentir que de l’embarras et de la honte devant la lumière de la vérité que dégage précisément ce livre. Souhaitons que cette lumière les atteigne jusqu’à dans leurs antres de mensonge. Et justement, pour conclure, je voudrais vous faire part d’ d’une idée qui me hante depuis longtemps: il faut créer un Ordre de la Vérité Serbe, Orden Srpske Istine, afin de récompenser les hommes et femmes de conscience et de vérité, notamment Patrick Barriot, Eve Crépin, Louis Dalmas, Pierre-Marie Gallois, Gabriel Kaspereit, Pierre Pujo, Jean-Paul Bled et bien d’autres parmi nos amis en France et à travers le monde.
L’Action Française 2000
. du 5 au 18 janvier 2006.