Le livre de nos amis Patrick Barriot
et Eve Crépin couronne plus d’une décennie de leur combat surhumain
pour secourir le peuple serbe meurtri tant dans son âme que dans
sa chair, car victime de mensonge, de satanisatation, d’isolement,
de sanctions, d’agression interne et externe, de conspiration universelle
de silence, d’une politique et d’une justice européenne et américaine
aberrantes. Autant de maux qui donnent l’idée du multiple engagement
de nos amis : d’abord, en tant que casques bleus en Krajina
et en Bosnie pour offrir l’assistance médicale aux blessés et aux
malades; puis, en tant qu’apôtres de la vérité par des livres, par
des textes et des conférences sur le martyre serbe; ensuite, en
tant que travailleurs humanitaires se rendant, mus par une fidélité
à toute épreuve, dans une Serbie sous les bombes de l’Otan, puis
au Kosovo dévastée par la fureur albanaise allumée et cautionnée
par Kouchner et sa clique; et enfin, en tant que témoins devant
le tribunal de La Haye où ils ont eu, tels des héros mythiques,
à affronter un véritable monstre antiserbe sous les traits de la
procureure Carla del Ponte.
Il faut, en effet, lire la somme de leurs dépositions qu’est ce
livre pour se rendre compte du parti pris de Carla del Ponte contre
les Serbes, des efforts qu’elle a déployés pour faire plier Patrick Barriot
et Eve Crépin afin de les faire rentrer dans sa logique inquisitoriale,
ainsi que de son désarrois et de sa fureur impuissante qui tourne
au grotesque devant la constance de nos deux amis qui ne se sont
pas laissés déstabiliser. Bien au contraire, ils sont demeurés inébranlables
en répétant inlassablement, preuves à l’appui, la
vérité première de la tragédie yougoslave à savoir que la guerre,
aussi bien en Croatie, en Krajina, en Bosnie qu’au Kosovo, avait
été imposée aux Serbes et qu’ils ont agi, dans la plupart des cas,
en état de légitime défense. Autant la procureure s’est montrée
de mauvaise foi, irascible, hargneuse, autant les deux témoins ont
fait preuve de calme, de pondération et de sérénité, comme des gens
qui se savent profondément dans la vérité. J’ai savouré particulièrement
le passage où Carla del Ponte furibonde lance à Patrick Barriot:
«Pourquoi continuez-vous d’appeler Slobodan Milosevic «Président»,
alors qu’il ne l’est plus depuis des années? Et l’interpellé de
répondre avec un brin d’humour que c’était une règle de la courtoise
française de toujours appeler, Président, par déférence, quelqu’un
a été une fois président de la République.
Par contre, le livre acquiert une autre dimension avec le long entretien
de Patrick Barriot et d’Eve Crépin avec Slobodan Milosevic, qui
constitue une vision des plus véridiques du drame yougoslave avec
ses profondes causes historiques, religieuses et culturelles. A
celles-ci se sont malencontreusement ajoutées, pour l’aggraver,
des ingérences extérieurs néfastes, comme le discours idéologique
droit-de-l’hommiste de nos prétendues élites, la vengeance de l’Allemagne
envers les Serbes, résolue d’effacer les derniers restes du traité
de Versailles, ou la volonté de puissance et d’hégémonie mondiale
de la part des Etats-Unis, ce dont traite précisément le général
Gallois dans la préface de l’ouvrage. D’autre part, il est patent
combien, avec le recul du temps, des mensonges médiatiques et politiques,
proférés durant les événements évoqués dans ce livre, apparaissent
aujourd’hui dans leur nudité, honteuse et criminelle!
Prenons un seul exemple, celui de Florence Hartmann, véritable âme
damnée de Carla del Ponte, si, toutefois, celle-ci n’en était pas
une elle-même: l’actuelle porte-parole du tribunal de La Haye, alors
journaliste du Monde, pourfendait à la une de ce journal,
en date du 9 mai 1995, le rapport des Nations unis faisant état
de nombreux crimes de la soldatesque croate en Slavonie, et soutenait
bec et ongles que l’armée croate, au contraire, s’y était comportée
presque en Armée du salut, alors que l’envoyé spécial du Figaro
sur place, Xavier Gautier, rapportant le même jour l’odeur de cadavres
se dégageant des villages serbes détruits et la hâte des équipes
médicales croates d’en effacer les traces. Or cette même Florence
Hartmann, aux ordres de procureure Carla del Ponte, pourchasse depuis
plusieurs années certains généraux croates ayant menés des opérations
meurtrières qu’elle avait encensées et glorifiées à l’époque. Notons
toutefois que lors la récente arrestation du général Ante Gotovina,
les médias aient évité de montrer la moindre séquence, la moindre
image de crimes dont il est accusé, alors que l’arrestation et le
transfert à La Haye des inculpés serbes sont habituellement accompagnés
d’un flot de crimes, d’atrocités et de destructions de toute sorte.
Et pourtant Ante Gotovina s’est tellement distingué dans ses sinistres
exploits contre les Serbes qu’il a été promu par Tudjman, en six
mois seulement, du grade de d’ex-caporal de la Légion étrangère
à celui du général de l’armée croate!
Toujours est-il que nos deux auteurs ne peuvent qu’éprouver de la
fierté de tout ce qu’ils ont fait, de chaque ligne qu’ils ont écrite
depuis dix ans, alors que leurs adversaires de la caste médiatico-politique,
ne peuvent ressentir que de l’embarras et de la honte devant la
lumière de la vérité que dégage précisément ce livre. Souhaitons
que cette lumière les atteigne jusqu’à dans leurs antres de mensonge.
Et justement, pour conclure, je voudrais vous faire part d’ d’une
idée qui me hante depuis longtemps: il faut créer un Ordre de la
Vérité Serbe, Orden Srpske Istine, afin de récompenser les hommes
et femmes de conscience et de vérité, notamment Patrick Barriot,
Eve Crépin, Louis Dalmas, Pierre-Marie Gallois, Gabriel Kaspereit,
Pierre Pujo, Jean-Paul Bled et bien d’autres parmi nos amis en France
et à travers le monde.
L’Action Française 2000. du 5 au 18 janvier 2006.
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