Communiqué de Komnen Becirovic après la condamnation de Florence Hartmann

En tant qu'intellectuel serbe vivant en France et ayant combattu pendant de longues années le mensonge médiatique, je n'aurais jamais imaginé que je pourrais un jour saluer un verdict du tribunal de La Haye pour la simple raison qu'il s'agit d'un tribunal antiserbe. Or, depuis aujourd'hui, c'est chose faite, encore que la condamnation de Florence Hartmann ne soit pas en rapport avec ses vrais méfaits: la satanisation forcenée des Serbes à laquelle elle s'est livrée, d'abord en tant que correspondante du journal Le Monde en ex-Yougoslavie dans la première décennie des années 90, puis en tant que rédactrice de ce journal, avant d'en être recompensée par la nomination, en 2000, au poste de porte-parole du même tribunal et promue bras droit de la procureure de cette institution, Carla del Ponte, fonction qu'elle exercera jusqu'à 2006.

Ainsi, Florence Hartmann, tant par ses articles dans Le Monde et ses interventions à la télévision, que par ses livres, diabolisant les Serbes et angélisant les Croates, les musulmans bosniaques et les Albanais kossovars, aura constitué un véritable fléau pour nous autres Serbes et nos amis français. Elle n'hésitait pas, en tant que journaliste du Monde, à téléphoner à des personnalités françaises jugées proserbes afin de les "réprimander" pour leurs prises de position en faveur des Serbes. J'en ai été témoin lors d'une de mes visites à notre vénérable ami le général Pierre-Marie Gallois qui, grâce au respect dont il bénéficiait parmi les Serbes, joua le rôle décisif dans la libération de deux pilotes français abattus par l'armée de la République Serbe lors des bombardements de celle-ci par l'Otan en 1995, à la suite de l'imposture de Srebrenica. Imposture dans laquelle Florence Hartmann s'est tant investie allant jusqu'à blanchir, dans son livre Milosevic, la diagonale du fou (1999), le commandant de Srebrenica Naser Oric, que pourtant des représentants civils et militaires de l'Onu en Bosnie, dont le général Morillon, ainsi que certains journalistes occidentaux, accablaient de crimes de guerre sur les Serbes. En fait, Florence Hartmann aura été punie par où elle a péché, encore que la punition soit minime et très sporadique par rapport au péché.

En tout cas, le vrai procès de Florence Hartmann reste à faire. Par des gens de conscience et de vérité naturellement.

Komnen Becirovic