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Komnen Becirovic avec le général Gallois lors de la cérémonie |
Chaque fois, depuis plusieurs années à l’approche de l’anniversaire de notre vénérable hôte, en cette fin de juin, je suis hanté par de hautes images. Ainsi, lors de notre avant-dernière rencontre en pareille occasion, s’imposait à mon esprit l’image du personnage d’Eviradnus de la Légende des siècles, ce chevalier errant sans âge qui par son glaive et par sa lance fait triompher la justice sur l’injustice, le bien sur le mal, le bienfait sur le méfait. Certes, notre auguste hôte ne dispose pas de telles armes, mais il use d’armes plus redoutables encore, celles de l’esprit, celles du Verbe fustigeant l’infamie, condamnant le crime, dénonçant le mensonge, défendant la cause juste des peuples jetés en proie aux forces du mal. Et Dieu sait s'il a eu toutes ces années beaucoup à faire! Cependant, force est de constater que, parmi tout ce qu’il prêché dans le vacarme étourdissant des médias au service des politiciens qui compensaient leur incapacité et leur indignité par la méchanceté et par l’assouvissement des intérêts sordides, comme ce fut et ne cesse d’être le cas des Serbes et des Irakiens soumis au martyre. Il a également prophétisé le redressement de la Russie, la montée de la Chine et de l’Inde, pays milliardaires en vies humaines, comme il le dit, et c’est chose faite. Il n’a cessé d’essayer d’éclairer les aveugles sur cette tour de Babel que constitue l'Union européenne telle qu’on est en train de l’édifier sur la destruction des nations, soit par leur dissolution dans le magma européiste, soit par la mauvaise gestion des économies qui a conduit à la catastrophe actuelle.
Bref, je dirais, mon Général, que si, sur le plan temporel, vous incarnez la longévité, sur le plan historique vous incarnez la conscience.
Chacun connaît suffisamment les idées de notre vénérable sage pour que je continue de m’y étendre. Toujours est-il qu’il y a un an, en venant lui souhaiter en pareille réunion son 97-ième anniversaire, j’avais présente à l’esprit une légende serbe d’après laquelle les aigles rajeunissent avec l’âge, car comment autrement expliquer leur longévité ? Et cette image convient parfaitement à notre Général au propre et figuré, non seulement par sa jeunesse d’esprit et sa large vision des affaires du monde, mais aussi parce que, en tant qu’aviateur, il a plané bon nombre d’années dans les airs. Aujourd’hui, je suis venu habité par la vision d’un vieux chêne de montagnes qui a résisté à l’assaut des éléments, comme notre hôte résiste aux assauts de l’âge et aux épreuves de la vie auxquels tout homme se trouve confronté.
Il a fallu l’ennui de santé qu’il a connu ce printemps pour qu’il soit secoué, comme un chêne, frappé par la foudre, est ébranlé, mais pas abattu : bien au contraire, il tient toujours debout.
De même notre vaillant hôte a résisté à l’épreuve qu’il a traversée. Lorsque je l’ai vu, le 30 mai dernier, peu de temps après sa sortie de l’hôpital, assis près de la fenêtre de son bureau, sur son visage éclairé par le soleil déclinant, et dans son regard bleu, se lisaient une sérénité et une paix, signe qu’il avait, grâce à la force de son esprit, surmonté le mal, comme il continue à le faire. Et la preuve en est son activité qui semble se poursuivre : il a publié le mois dernier un livre sur quelques revanches de l’Histoire, il s'est rendu le 3 juin aux éditions L’Age d’Homme pour le signer, il est intervenu sur Radio Courtoisie, il continue de rédiger ses textes et de communiquer avec ses amis à leur plus grande joie.
C’est qu'en la personne de notre auguste hôte se vérifie la parole de l’Evangile que je retourne un peu: la chair est faible, mais l’esprit est fort. Si bien que je forme mes vœux et les vœux de nous tous, pour que vous continuiez, notre Général, de demeurer parmi nous et que, dans un an, nous nous retrouvions autour de vous dans le même amour, dans la même admiration et dans la même affection respectueuse que nous éprouvons pour vous aujourd’hui.
Le vieux chêne que vous êtes, mon Général, continuera à résister !
Joyeux anniversaire!
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