Истина број 189                                Беч, 24. март 2008.

Албанске бајке

         Јесу ли Албанци потомци Илира,  зашто Историја током Првог миленијума не зна ништа о Албанцима? Да ли су Албанци одувек били становници Косова и Метохије, или су притисли ту област и добар део балканског простора под турским зваојевачем? Јесу ли су  Албанци  одувек живели у непријатељству са Србима и да  ли су прешли у ислам само да не би делили са њима  исту религију?
       Да ли је албански национални јунак Ђорђе Кастриота звани Скендербег био и по оцу и по мајци Србин? Како су Албанци у сенци турског, фашистичког и комунистичког ропства запосели Косово и Метохију? Да ли је Слободан Милошевић укинуо, или само ограничио шиптарску аутономију? Како је Нато постао мач вишевековног албанског антисрпског зла на Косову? Како је питање Косова попримило у наше дане  највише историјске, филозофске, митске, метафизичке размере?
       Ево неких питања на која Комнен Бећировић одговара, и неких  тема које развија у свом надахнутом и чињеницком излагању поднетом 13. марта  2008. године у оквиру удружења Форум за Француску, којим разбија бајке  албанске пропаганде које се, пред немуштим држањем српске стране, на жалост, зацарују у јавности. Зато ИСТИНА веома радо овај текст објављује, жалећи само што му не може истовремено да донесе и превод на српски језик.

                                                                                    Петар Милатовић

Texte de l'expose fait au Forum pour la France, le 13 mars 2008.

KOMNEN BECIROVIC

KOSOVO: LES FABLES ALBANAISES

Komnen Becirovic       Depuis que la question du Kosovo s'est internationalisee, avec le dechainement des terroristes albanais a travers la province en 1997-98, puis avec la guerre de l'Otan contre la Serbie en 1999 pour le compte de ces memes terroristes, cette affaire n'a cesse de provoquer dans l'opinion des reactions les plus delirantes, de nourrir les fantasmes les plus cruels, de faire proferer les imprecations les plus effrayantes jamais retenties sous le ciel, de faire substituer les fables les plus incroyables aux verites les plus elementaires et les plus evidentes. Comme s'il etait dans les desseins de la Providence de faire apparaitre avec le Kosovo, terre du Christ par excellence, et notamment pour le Deuxieme millenaire de son avenement, le mal du monde a travers le dechainement apocalyptique de la puissance de l'Otan sur la Serbie en 1999. Cette action fut accompagnee d'une clameur approbatrice atteignant et outrageant les astres, tout comme les bombardiers de l'Otan dechiraient et polluaient l'atmosphere en meme temps qu'ils aneantissaient des gens et leurs biens. J'ai qualifie cela, ailleurs, de l'inhumanite des humanistes, de l'envers barbare de la civilisation et de l'envers totalitaire de la democratie.


Arbre geneologique de Georges Castriota dit Skanderbeg, selon Karl Hopf

       C'est que la question du Kosovo a pris des proportions universelles, mythiques voire cosmiques. Et il faudrait, pour en traiter dignement, etre a la fois un grand geopolitologue, un grand philosophe de l'histoire, un grand penseur metaphysique ou un poete de l'envergure d'un Dante vu la profondeur de l'enfer antiserbe qui s'est ouvert dans l'ame du monde avec les evenements de l'ex-Yougoslavie et particulierement avec ceux du Kosovo. Comme cela depasse mes tres modestes possibilites, je me bornerai a dissiper pour vous quelques fables, quelques impostures ayant ete a l'origine de decisions et des actions les plus aberrantes et les plus criminelles, tant il est vrai que le mensonge est le mal et le pere du mal, comme le dit l'Evangile.
     Premiere fable, celle de l'origine illyrienne des Albanais. - Les Albanais seraient des Illyriens qui auraient occupe la plupart de la peninsule Balkanique et que les Slaves, en arrivant dans les Balkans entre le Ve et le VIIe siecles, auraient repousse jusque dans leurs montagnes. Et tout ce que les descendants de ces Illyriens auraient fait depuis, c'est de recuperer leurs terres a savoir le Kosovo et la Metochie, une partie du Montenegro et de la Macedoine, sans oublier la province grecque de l'Epire.
      Tout d'abord, il n'existe nulle preuve que les Albanais soient des Illyriens, et meme s'ils l'etaient, ils ne pourraient jamais etre tous les Illyriens mais seulement une ou quelques tribus illyriennes, la plupart des populations peninsulaires s'etant fondues dans le creuset des deux empires, l'Empire romain a partir du IIe siecle avant notre ere, puis l'Empire byzantin a partir de la fin du IVe siecle. Il faut y ajouter l'invasion de la province de l'Illyrie par les Avars qui la devasterent jusqu'a y detruire une soixantaine des villes romaines et qui, en 525, assiegerent et faillirent prendre Constantinople. Aussi, il est clair que meme s'ils avaient eu un Etat, une religion, une civilisation et une forte conscience nationale, les Albanais n'auraient jamais pu traverser indemnes de tels bouleversements, ainsi que ceux qui ont suivi avec l'avenement de l'Empire bulgare, puis serbe, pour pouvoir fonder leurs pretentions actuelles sur d'importants territoires balkaniques, notamment sur le Kosovo et la Macedoine.
       En effet, pour pouvoir le faire, les Albanais auraient du avoir un heritage analogue a celui de l'heritage biblique des Juifs, ce qui non seulement n'est point le cas mais, qui plus est, l'Histoire ne connait point les Albanais avant la seconde moitie du XIe siecle quand ils sont mentionnes pour la premiere fois par des auteurs byzantins tels que Michel Attaliates, Anne Comnene et Jean Skylitza. D'autre part, on ne trouve pas la moindre mention des Albanais dans le celebre ouvrage De Administrando Imperio par l'empereur Constantin Porphyrogenete du Xe siecle, alors qu'il y est question de tous les peuples de l'Empire et meme des peuples, voire des peuplades limitrophes a celui-ci. C'est que les Albanais ne jouaient aucun role durant le premier millenaire, ou qu'ils ne se trouvaient pas encore dans les Balkans, puisque certains historiens les font venir tardivement du Caucase ou de l'Asie centrale.

       En fait, les Albanais n'ayant eu aucune historiographie ni meme leur propre alphabet jusqu'au debut du XXe siecle, ce sont les auteurs autrichiens au service de la politique de Vienne speculant sur les Albanais a fin de contrer l'emergence du facteur serbe dans les Balkans, qui ont insuffle aux Albanais l'idee de leur origine illyrienne. Avant cela, ils n'en avaient absolument le moindre souvenir ni la moindre notion.

      Deuxieme fable, celle de l'inimite immemoriale entre Serbes et Albanais. - Pour attiser davantage l'inimite de la soi-disant communaute internationale envers les Serbes, la propagande albanaise a laquelle s'est attele un auteur aussi important qu'Ismail Kadare, veut que les Serbes et les Albanais se soient dechires depuis la nuit des temps et que le conflit de nos jours ne soit que le prolongement d'un conflit immemorial. Fable reprise, entre autres, par un personnage qui a joue un role des plus nefastes au Kosovo et qui continue de le faire avec la reconnaissance par la France de l'Etat fantoche kosovar sur le territoire de la province serbe. Vous l'avez devine: il s'agit de l'apotre de l'ingerence humanitaire, veteran de toutes les guerres contre les Serbes, actuel panache de la diplomatie francaise, Bernard Kouchner.

       Or, la aussi la realite est naturellement tout autre, puisque les Serbes et les Albanais ont vecu en meilleure entente tout au long de Moyen-age, entretenant des liens de parente au niveau le plus eleve, comme le prouve le mariage de la fille du roi serbe Etienne le Premier Couronne au debut du XIIIe siecle, Comnenie, au prince albanais Dimitry Progon. Plus tard, au XVe siecle, la s?ur du Georges Castriota dit Skanderbeg, prince d'Albanie, Maria, epousa Etienne Tsernoyevitch, le prince de Zeta, alors qu'Ivan, le fils de Skanderbeg, epousa Irene, la fille de Lazare Brankovitch, despote de Serbie.

      D'autre part, comme les Serbes et les Albanais vivaient dans la meme sphere religieuse, celle de l'Empire byzantin, il leur arrivait de venerer les memes saints, comme ce fut le cas de saint Jean Vladimir, prince serbe de Zeta au debut du XIe siecle, canonise saint a la suite de la mort martyre que lui fit subir un usurpateur bulgare. Dans l'Etat de l'empereur Douchan, les Albanais etaient des sujets a part entiere, comme en temoigne le titre que Douchan prit lorsqu'il se fit couronner « tsar des Serbes, des Grecs et des Albanais », en 1348 a Skoplie, sa nouvelle capitale, apres celle de Prizren.

       Cependant le plus extraordinaire, c'est que Skanderbeg lui-meme, heros national albanais, surnomme ainsi d'apres Alexandre le Grand par les Turcs, apres s'etre distingue a la cour du Sultan dont il avait ete l'otage, etait d'origine serbe, comme l'a demontre, preuves irrefutables a l'appui, l'historien allemand Karl Hopf dans son livre Chroniques greco-romaines peu connues ou inedites, publie en langue francaise en 1873 a Berlin. C'est Skanderbeg qui, ayant quitte l'armee turque a la suite de la defaite infligee a celle-ci par les Hongrois pres de Nich en 1443, retourna en Albanie et opposa une resistance farouche a l'envahisseur ottoman pendant un quart de siecle, avant de succomber sous l'ecrasante superiorite des Turcs a l'instar d'autres princes balkaniques. Parmi les auteurs affirmant la serbite de Skanderbeg, je limiterai a vous citer Jean de Mussachi, un noble albanais ayant emigre en Italie,  a la prise de l'Albanie par les Turcs en 1478, qui, dans ses Memoires rediges vers 1515, parlant de l'intention du sultan Mehemed le Conquerant d'envahir l'Albanie, ecrit textuellement: « Cependant voyant le grand dechirement et la detresse de l'Albanie, Mehmed envisagea de l'occuper mais non sans crainte, car y etait entre l'homme valeureux et Serbe de naissance dont les vertus etaient telle qu'il forcait le respect, non seulement des Albanais, mais d'autres peuples aussi. »

      Toujours est-il que l'evenement fatal qui decida du basculement des Balkans dans les tenebres multiseculaires ottomanes, constitue certainement la bataille qui se deroula, entre l'armee serbe et l'armee turque, le 28 juin 1389 dans la plaine du Kosovo, qui se solda par de lourdes pertes turques et par la mort du sultan Mourad, mais, malheureusement, par la defaite totale serbe. Une defaite que les Serbes n'accepterent jamais, puisque leur genie poetique l'interpreta comme le sacrifice supreme pour la foi du Christ et, par la, transcenda l'evenement historique en un mythe grandiose sous forme d'epopee qui constitue l'une des pages lumineuses de la litterature universelle. C'est par cet evenement, ainsi que par ses splendides temples eleves a la gloire du Christ, que le Kosovo s'est installe a jamais dans l'ame serbe et est entre dans l'histoire et dans la memoire de l'humanite.   

      Troisieme fable, celle de l'anciennete des Albanais au Kosovo. - Les Albanais auraient ete depuis toujours habitants du Kosovo et la Metochie, mais comme il n'y existe point de monuments de civilisation pour en temoigner, on recourt a une autre supercherie en soutenant que de nombreuses eglises et monasteres eleves, comme leurs fondations pieuses, par les souverains de la dynastie des Nemanides au XIIIe et au XIVe siecles, etaient anterieurement des constructions albanaises que les Serbes se seraient appropriees en les transformant en leurs lieux de culte. Ce genre de fantaisies fleurissait encore dernierement dans les colonnes du Figaro (22/02/ 2008) sous la plume d'un certain Serge Metais, entrepreneur et economiste de son etat mue soudain en historien des Balkans. On peut y lire egalement que les Albanais se soient convertis a l'islam pour ne pas partager la meme religion avec les Serbes !

      La encore, on est en plein absurde, puisque l'histoire connait les dates et les circonstances exactes de la construction des eglises serbes kosoviennes medievales, comme l'eglise trinitaire du Patriarcat de Petch, les eglises de Notre-Dame de Prizren, de Gratchanitsa, de Detchani dont les splendeurs architecturales et picturales font partie du patrimoine universel. Certains de ces edifices ont ete construits sur les fondations des constructions anterieures byzantines plutot rares et detruites par les Avars ou simplement tombees en decrepitude. 

       Cependant en ce qui concerne la presence des Albanais au Kosovo, toutes les sources historiques indiquent qu'elle a ete quasi inexistante, a peine 1%, jusqu'a la conquete definitive turque des Balkans a la fin du XVe siecle. C'est alors que les rapports entre les Serbes et les Albanais commencent a se gacher et entrer desormais dans une longue inimitie qui n'a fait que s'envenimer au long de siecles pour culminer de nos jours. C'est que, une fois la resistance de Skanderbeg ayant pris fin avec sa mort en 1468, les Albanais, n'ayant pas eu, a la difference des Serbes, leur conscience nationale forgee a travers l'Eglise et l'Etat, se mirent assez rapidement a accepter la religion du conquerant, l'islam, ceci leur assurant des privileges considerables, notamment le droit a la propriete, au port d'armes, a l'accession aux postes eleves dans l'armee et l'administration. Naturellement la theorie, pronee par la propagande albanaise, d'apres laquelle les Albanais ont embrasse l'islam par defi aux Serbes n'est que du domaine de la divagation, outre qu'elle renie completement le combat heroique de Skanderbeg que le pape aurait appele « athlete du Christ ».

      Comme tous les apostats mus a la fois par l'envie de se prouver et de couper avec leurs racines afin de refouler leur faute, les Albanais se transforment progressivement en bras arme de l'occupant turc sevissant contre les chretiens non seulement en Serbie, mais aussi en Macedoine, en Grece et jusqu'a la Bulgarie. Les sources historiques abondent en exactions, en rapts, en pillages, en massacres, en destruction de hauts lieux qu'ils commettent ou en exodes qu'ils provoquent a travers la Peninsule. L'annee 1594, Skofi Sinan – pacha fait bruler les reliques du saint Sava, patron de la nation serbe, pour faire demolir, vingt ans plus tard, la majestueuse fondation du tsar Douchan, le temple des Saints Archanges pres de Prizren, afin d'en utiliser les materiaux pour la construction de la principale mosquee de cette ville qui porte toujours le nom d Sinan-pacha.

       Cependant l'annee 1690 s'avere particulierement fatale pour l'avenir du Kosovo et de la Metochie, puisque cette annee-la l'insurrection des Serbes, dans le contexte de la Grande guerre austro-turque de 1683 a 1690, echoue a la suite de la defaite de l'armee imperiale dans le defile de Katchanik, reliant le Kosovo et la Macedoine. Fuyant des represailles turco-albanaises, pres de 200 000 Serbes avec le patriarche Arsene en tete, quittent la province et s'installent en territoire autrichien, exode connu dans l'Histoire comme la Grande migration serbe, suivie quelques decennies plus tard par une seconde, moins importante.

        Evidemment les Albanais descendent de leurs montagnes et remplissent l'espace du Kosovo et de la Metochie demeure ainsi relativement vide. La terreur qu'ils repandent ne connait pas de limites, si bien que l'eveque de la region Mathieu Massarek dans un rapport qu'il adresse, en 1764, a la Curie Romaine, gemit en voyant ces apostats spolier, martyriser et mettre partout a mort les chretiens qu'ils soient catholiques ou orthodoxes. Il est en tellement meurtri qu'il avoue terminer chacun de ses sermons par cette priere a Dieu : Libera nos, Domine, ab Albanensibus !, en ajoutant : Extermina et dele istos Albanensens de terra vivantium. (Extermine ces Albanais de la terre des vivants.)

       Au cours du XIXe siecle, avec le mouvement de liberation de peuples balkaniques initie par l'insurrection de Karageorges en 1804 en Serbie, la colonisation du Kosovo par les Albanais se poursuit toujours au prix de la terreur dont l'un des moyens devient l'islamisation forcee. Les Turcs laissent faire les Albanais d'autant que ceux-ci se sont acquis la renommee des « meilleurs fils du Sultan » et comptent bon nombre des leurs parmi les plus hauts dignitaires de la Porte, des pachas et des vizirs. Ils constituent meme la garde personnelle du dernier sultan, le cruel Abdul Hamid, les Armeniens en savent quelque chose.

       Cependant comme la Turquie declinait en Europe, les Albanais commencerent a se preoccuper de la facon de garder les territoires dont ils s'etaient empares a l'ombre de l'occupant ottoman et formerent a cette fin, en 1878, une Ligue albanaise parrainee par l'Autriche. Celle-ci ambitionnait depuis longtemps de succeder a la Turquie dans les Balkans, speculait grandement sur les Albanais en les instrumentalisant contre les Serbes a la fois pour inflechir la dynamique de leur liberation et de leur unification et pour contrer l'influence de la Russie dans la region. L'Autriche s'opposait farouchement a la liberation du Kosovo et de la Macedoine, bien que l'oppression qu'y faisaient regner les turco-albanais n'eut pas d'exemple en Europe et probablement pas dans le monde, comme le rapportent nombre d'auteurs de cette epoque dont Victor Berard, Rene Pinon, Georges Gaulis, entre autres. Ce dernier estimait dans son livre La Ruine d'un empire, paru en 1913, le nombre des Serbes ayant fuit la province durant le quarante ans ecoules, a 400 000 personnes.

      Bien entendu, c'est avec le plus grand mecontentement que l'Autriche vit l'affranchissement des Serbes, des Grecs et de Bulgares par l'eviction, grace a leurs efforts conjugues, de la Turquie la Peninsule lors de la Premiere guerre balkanique en 1912, tout en reussissant a imposer aux puissances europeennes la creation du premier Etat albanais, en 1913. A l'issue de la Premiere guerre mondiale et a la formation de la Yougoslavie en 1918, le gouvernement de Belgrade, afin de retablir l'equilibre ethnique rompu de la province fit y venir quelques milliers de familles dont un certain nombre de celles qui l'avait quittee durant la periode precedente. Les Albanais resterent sur place, sauf ceux parmi eux qui refuserent de vivre dans un Etat gouverne par leurs esclaves d'hier ou d'etre leurs egaux, et qui emigrerent en Turquie ou retournerent en Albanie.

        Le reve serbe le plus ardent, la reconquete et la liberation du Kosovo, apres plus de cinq siecles d'occupation turque, etant realise, il ne fut pas de longue duree, puisque les puissances de l'Axe, l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste, detruisirent en 1941, la Yougoslavie et donnerent le Kosovo et la Metochie aux Albanais dans le cadre d'une Grande Albanie, un Etat fantoche tout comme l'etait la Croatie oustachis. Les milices albanaises qui ne tarderent pas a se former, massacrerent environ 10 000 Serbes, tandis que 75 000 autres parmi eux prirent le chemin de l'exode, souvent sous la protection de l'armee d'occupation allemande et italienne, afin d'eviter le meme sort. Les foules albanaises dechainees hurlaient: « Foutez le camp, Serbes ! Le baba Hitler est arrive ! », le baba signifiant le pere. Alors que l'un de leurs chefs, Ferat bey Draga, s'exclamait: « Il n'y aurait plus des Serbes sous le soleil du Kosovo ! ».  A l'initiative d'Himmler en 1943, fut creee la Division Waffenn SS Skanderbeg qui commit des crimes effroyables et dont les derniers combattants tomberent devant Berlin en 1945, en meme temps que les dernieres milices fascistes albanaises au Kosovo furent neutralises par l'armee de liberation.

      Malheureusement le regime communiste essentiellement antiserbe instaure en Yougoslavie apres la Seconde guerre mondiale, se hata de promulguer un decret interdisant aux refugies serbes du Kosovo de retourner dans la province, alors que 100 000 immigres y ayant afflue d'Albanie durant la guerre, demeurerent sur place. Comme la Yougoslavie communiste reposait sur la fameuse formule: « Une Serbie faible, une Yougoslavie forte », on crea au sein de la Serbie deux regions autonomes, la Voivodine au Nord et le Kosovo au Sud ou les Albanais, se mettant une fois de plus du cote de plus fort, surent gagner les faveurs du maitre de cette Yougoslavie, Joseph Broz dit Tito, et provoquer, par toutes sortes de pressions une hemorragie constante de la population serbe du Kosovo, qui se poursuivit durant les 40 annees du regne du tyran. En meme temps la province se remplissait davantage d'Albanais du fait de leur forte natalite due a la polygamie, mais aussi a l'afflux de nouveaux immigrants venus d'Albanie sous pretexte de fuir la dictature d'Enver Hoxha, mais en fait envoyes pour augmenter la masse de la population albanaise au Kosovo. Le tyran de Tirana se vantait a un moment qu'il pouvait lever plusieurs divisions au Kosovo. Toujours est-il qu'a la mort de Tito, en 1980, quelque 300 000 Serbes avaient fui le Kosovo et la Metochie, leur pourcentage etant tombe a seulement 10% au profit de 90% d'Albanais.

      Voila, tres rapidement, comment s'est faite la colonisation du Kosovo par les Albanais, voila d'ou une telle masse d'entre eux au c?ur de la Serbie, sans que nos oracles politiques et mediatiques, sans que les caciques de la pretendue communaute internationale, s'y interrogent jamais, mais gobent tout simplement des fables rependues par la propagande et prennent les decisions les plus arbitraires n'ayant aucun appui sur la realite. Cependant, il nous reste traiter encore d'une de ces fables qui aura ete la plus nefaste quant au sort Kosovo et de la Serbie.

       Quatrieme fable, celle de la suppression par Slobodan Milosevic de l'autonomie albanaise obtenue sous Tito.

      Les Serbes avec Slobodan Milosevic en tete, auraient supprime, en 1989, l'autonomie des Albanais en instaurant pour eux un regime d'apartheid, en se livrant a la terreur, au nettoyage ethnique, ce qui aurait justifie le recours des Albanais a la lutte armee menee par le soi disant Armee de liberation du Kosovo, l'Uck.

      La encore, comme dans des cas precedents, on est totalement dans le faux, puisque a la veille de l'ecroulement du regime communiste, la Serbie n'exercait presque plus aucune souverainete sur la region du Kosovo ou les persecutions des Serbes, les atteintes a leurs personnes, a leurs biens, a leurs lieux de culte, a leurs cimetieres se multipliaient.

       Et tout ce que fit Slobodan Milosevic en 1989, c'est de reduire cette autonomie exorbitante, tout en respectant le droit des Albanais d'avoir leur langue, leurs ecoles, leurs medias, leur universite, leur academie et, bien sur, leurs representants au sein des institutions de la Republique de Serbie qui se dota d'une nouvelle constitution. Les Albanais, qui deja sous Tito, malgre l'autonomie sans exemple dans le monde dont ils beneficiaient, avaient a plusieurs reprises violemment manifeste leurs velleites separatistes en clamant le rattachement pur et simple du Kosovo a l'Albanie, refuserent la nouvelle constitution de Serbie, en boycotterent les institutions, creerent les leurs et continuerent de crier a la dictature en appelant au secours la communaute internationale.  Ils savaient qu'ils en auraient la bonne oreille d'autant que les Serbes faisaient l'objet d'inimitie generale avec les guerres en Bosnie et dans la Krajina qui leur ont ete imposees, mais dont on les rendait responsables. En meme temps, les terroristes de l'Uck se livrerent aux crimes les plus epouvantables sur les Serbes, en particulier sur les policiers et les soldats, mais aussi sur les Albanais accuses de vivre en bonne entente avec les Serbes. L'un des chefs de ces bandes terroristes, que le gouvernement americain lui-meme qualifiait, en 1997, comme tel, n'etait autre que l'actuel premier ministre du Kosovo, Hashim Thaci.

       Cependant avec l'ecrasement, l'annee suivante, de l'Uck par les forces serbes, les elites politiques et mediatiques de l'Ouest se mirent a louer ces terroristes comme des heros, a embrasser leur cause comme la plus sacre de l'humanite, a crier au genocide, a appeler a la guerre totale contre les Serbes, sans entrer le moins du monde dans l'antagonisme seculaire serbo-albanais et ne retenant de l'histoire millenaire du Kosovo, que j'ai essaye d'evoquer rapidement dans le contexte de cet antagonisme, qu'une toute petite fraction, la decennie des annees 90 de soi-disant oppression serbe. C'est dans cette eclipse totale de la raison des elites et dans leur soif du mal que la plus grande puissance militaire de tous les temps, l'Otan, se mit en branle et, se faisant le glaive, pire encore, le mercenaire du mal albanais hereditaire antiserbe. De sorte que la Serbie fut soumise pendant 78 jours et nuits, tout au long du printemps de 1999, a un enfer de bombes, tuant et blessant des milliers gens, poussant des centaines de milliers en exode, detruisant des habitations, des usines, des ponts, des centrales electriques, s'attaquant aux trains en marche et n'epargnant meme pas des hopitaux, des ecoles et des edifices abritant les medias. L'Otan associa le mensonge au crime en affirmant que les Serbes avaient tue ou allaient tuer 50 000, puis 100 000, voire 500 000 Albanais, et qu'il fallait tout faire pour l'empecher, fut-ce en bombardant la Serbie pendant des mois comme le menacait le grand ordonnateur du fleau Bill Clinton afin de la rejeter a l'age de pierre, comme le disait un porte-parole de l'Otan. C'etait peu que les Serbes au Kosovo aient ete victimes des Albanais a l'ombre des regimes les plus inhumains, il fallait y rajouter en chatiant l'ensemble de la nation serbe par ceux qui se targuaient d'etre on ne peut plus humanistes !

        Et lorsque l'horreur prit fin avec les accords de Kumanovo du 9 juin 1999, et le retrait des forces serbes de la province laissant la place aux troupes de l'Otan sensees proteger toutes les populations, il n'en fit rien, l'Otan laissant les Serbes du Kosovo a la merci des Albanais. De sorte que ceux-ci se mirent a devaster le Kosovo, forcant 250 000 Serbes a l'exode, s'emparant de leurs biens ou les detruisant, s'attaquant en particulier aux eglises et aux cimetieres afin d'effacer les temoignages de la presence serbe au Kosovo. Ils brulerent egalement deux millions de livres en serbe et en d'autres langues. C'est au milieu de ce desastre humain et civilisationnel, que Bernard Kouchner, nomme administrateur de la province par l'Onu a la suite de la resolution du Conseil de securite 1244, lanca son fameux: « L'Europe est nee au Kosovo !», alors que, la pauvre, etait en train d'y expirer. Et bien que fait protectorat de Nations-unies, le Kosovo pour quelque 120 000 Serbes qui y resterent, fut transforme en un veritable ghetto, ces Serbes ne pouvant s'y maintenir que sous la protection de troupes d'occupation. Encore que celles-ci faillirent a leur devoir lors d'une nouvelle vague de violences albanaises, en mars 2004, se soldant par d'autres morts et blesses, par des milliers d'autres refugies, par de nouvelles destructions de biens et de lieux de culte, de sorte qu'aux 120 eglises detruites depuis 1999, s'ajouta une trentaine d'autres dont certaines de veritables joyaux de l'art chretien. Le spectacle navrant de ce Christ kosovien vandalise, ainsi que d'autres images analogues que j'ai apportees pour vous montrer, en disent long sur le coup dur porte au christianisme au Kosovo et par la en Europe. En fait, tant par la profanation et la destruction de ses temples que par le martyre inflige a ses fideles, le Christ aura ete crucifie pour la seconde fois au Kosovo. C'est, d'ailleurs, en ces termes que s'exprime Georges Neyrac, officier du premier contingent francais de la Kfor, dans son temoignage bouleversant au titre eloquent Les Larmes du Kosovo, paru aux Editions du Cerf en 2001.

      Ainsi le crime de l'Otan contre la Serbie, paracheva le crime albanais au Kosovo, le crime sans doute le plus long de l'histoire, puisque, comme j'ai tente de vous le demontrer, il s'etend sur des siecles entiers. Encore fallait-il l'enteriner, le legaliser,  le consacrer, ce que fut fait par la proclamation de soi-disant Etat kosovar, le 17 fevrier dernier, que l'on salua, pour comble de la derision, comme l'avenement d'une nouvelle nation que les ages auraient attendu et que les principales puissances occidentales, notamment les Etats-Unis, l'Angleterre, la France et l'Allemagne et l'Italie s'empresserent de reconnaitre, recompensant ainsi l'un des plus noir forfait et l'une des plus noire injustice jamais perpetres sous le ciel.

      Cependant, la question du Kosovo, loin d'etre resolue avec l'actuelle emergence du Kosovo albanais de l'abime du mal multiseculaire, n'a evidemment fait que s'aggraver et appelle, comme je vous le disais au debut, la plus vaste reflexion a la fois politique, historique, ethique et metaphysique en vue d'une juste solution future.