L'ARBRE
il a disparu dans les inondations
disparu dans les fosses séparant les époques
dans le maquis qui resplendit sous l'élan
des étoiles odieuses.
il habitait il y a peu de temps encore
l'âme versatile
riant effrontément pareil
à un demi-dieu en guenilles.
disparu subitement
exilé des digues qui s'illuminent déjà
d'une lumière ravageuse.
dans son cœur mal-aimé
dans son âme méprisée
il condense le mouvement qui éloigne
l'arbre sous lequel j'étais allongé immobile.
sur qui pourrai-je me jeter autour
du cou pour dire : toi qui fut quelqu'un
toi qui as existé
c'est de toi qu'il s'agit.