MITCHO
TONTITCH S'EXPLIQUE AVEC LE SEIGNEUR
Voilà - dit Dieu - j'ai fait ce Monde
à partir de matières durables, de diamants, de cristaux...
Tu sais quoi, excuse-moi - lui répliqua Mitcho Tontitch -
pisse sur tes matières, elles ne sont rien !
Le
clair de lune, les étoiles, la braise - j'ai tout donné
à ces obscurantistes !
j'ai offert une âme à de la boue - s'écria le
Seigneur
A ce propos, mon pote - dit mon père -
c'est n'importe quoi ! Pas la peine d'en parler !...
On
a des plantes ! Pardieu - des bêtes aussi !
Des jours et des nuits ! Des Fêtes ! - et alors ?!
Avoir tout ça et devoir mourir quand même ! -
lui renvoya Mitcho Tontitch.
Les
bonnes gens ne meurent pas ! - avertit le Seigneur
homme de Dieu, tu connais ta part !
J'en sais même un peu trop, ouais...
Penses-tu que Mitcho Tontitch serait fou ?
Oh,
Mitcho, Milovane, quel diable as-tu -
tu aurais déjà pu te sanctifier !
Sanctifie tu sais qui... c'est moi que tu as trouvé...
je suis un délégué ! Le comprends-tu ?
Le
communisme est entré dans ta tête,
tu t'enorgueillis, insecte ! - Dieu t'a frappé
d'où ton mal... C'est mon problème !
répondit l'autorité paysanne...
Ecoute
- dit Dieu - ouvre tes oreilles
petite peste de communiste ! -
je comptais sur toi au village de Guerdanovtsi
et tu m'as renié en premier !
Holà
! C'est la guerre ici-bas ! Tu piges rien là-haut !
J'ai donné ma parole, que faire ?!
Enterre dans un trou - de quarante coudées -
ce qu'en état d'ivresse tu as chié, confus et infatué
!
Que
diront les hommes au-dessus du trou :
que je fus traître, fou ?
Que crèvent mon cheval, mon pourceau ! Dis-le
nigaud, tu n'arrives pas à te tirer d'embarras !
Ecoute
- dit mon père - que vais-je dire
quand JE MOURRAI PERSONNELLEMENT ?
La mort - chef - est de mon ressort
j'étoufferai l'affaire, ou ne serai plus !
On
s'éloigne dangereusement - se secoue mon père - il
fait nuit
retire-toi et lâche-moi !
Je vais t'ôter cette tête folle
te tirer par ce que le diable même ne t'a pas traîné
!
Oh
! Tu peux me tirailler par une chose terrible !
dit mon père et il tourna la clef...
... Dieu te garde - dit tout bas ma mère
où va ton âme !
Dors
- dit tout bas mon père
le communisme est pour bientôt!