C'EST PASSE, CELA PASSE, CELA PASSERA

La regarder : elle est devenue sérieuse, ou le redevient-elle, ou elle pense le redevenir. Le visage se crispe, ou va se crisper, ou est déjà crispé, seule la lumière scintillait dans les yeux, ou va scintiller, ou a vacillé ; l'intensité de cette lumière change. J'ai désiré entrer, j'entrai ou entrerai peut-être dans ses yeux, mais ce regard sur ses prunelles la gênait, l'avait gêné, la gênerait-elle ? Elle a commencé, commença ou ne fera que commencer à cligner des paupières et à baisser les yeux. Le vent cognait ou ne fera que cogner contre la fenêtre. Cela sentait ou senti ou avait senti de loin le poisson grillé ou qui ne va être grillé qu'après avoir été pêché.
"Espèce de provocatrice", dis-je ou dirai-je. "Veux-tu vraiment ou voudras-tu que l'enfant sache, qu'il apprenne toutes les langues ?"
Et l'amour ? Je ne sais s'il venait, s'il ne fit que venir, s'il vient, ou si elle seule va poser sa tête sur mon épaule, au soleil couchant ou lorsqu'il se couchera ; elle disait qu'elle pouvait se sentir, qu'elle se sentait et se sentira prison où séjournent les gens. Je ne savais pas, je ne sais ou ne saurai jamais lui répondre. J'aurai pu l'aimer. Je savais que je l'aimerai et je l'ai aimée, ou l'ai déjà aimée. Je lui ai même arraché les boutons de sa robe, ou les lui arrache, ou les arracherai, ou les ai arrachés depuis bien longtemps déjà. Je suis gourmand, seul en rêve je désirais ses seins, qui frémissent, tremblent, qui tremblaient, ou se tendent ; qui seront embrassés lorsqu'ils trembleront. "Tremble" dis-je, et j'embrasse ou embrassais et embrasserai ou ne ferais qu'embrasser le bout du sein qui est tendu, qui était... il s'est flétri, il redevint mou.

ANTOLOGIJA SRPSKE POEZIJE NA FRANCUSKOM JEZIKU
  Prevod: Boris Lazić, književnik i prevodilac Webmaster: Sky Seeker
  Urađeno u okviru sajta: www.tvorac-grada.cjb.net