L'OBSCURE, EN REVE


Ô nature, sœur.
Spasme des lèvres au crépuscule.
Ô, éclair luisant sous l'obscure coiffe divine

Alors qu'en rêve tu arroses une plantation malade
Et invoque la nuit par des mots de choix.

Tu domptes les serviteurs de la justice
et l'incommensurable faim du psalmiste
par ce feu qui s'éteint et s'allume à ton signal.

Gloire à la fraîche feuille de printemps
qui disparaît en murmurant dans la main transie d'un promeneur.
Pleine de couronnes de pissenlits s'étalant dans les près.

Gloire à la veillée d'un clair de lune au crépuscule.

Au soleil qui, depuis les monts, incruste ses rayons
Dans les lèvres fraîches des pétales de roses

Alors que, Tournoyant. Sœur paisible.
Tu te mires dans les ruisseaux clairs et éveille un peuple
somnolant.

Ô nature, ô sœur,
Qui m'offre des liasses entières de feuilles

Ô nuit - souveraine dont le feu ovale
Revêt d'or les tressaillements de l'âme.
Ô superbe cauchemar du monde.

Il importe peu si tu ouvres ou fermes les yeux
Les cercles des énigmes restent identiques.

Car il n'est pas de rivière, maître,
Où tu pourrais mouiller ton bâton deux fois de suite.

Et tu le sais bien - un seul fut doux et frissonnant.

ANTOLOGIJA SRPSKE POEZIJE NA FRANCUSKOM JEZIKU
  Prevod: Boris Lazić, književnik i prevodilac Webmaster: Sky Seeker
  Urađeno u okviru sajta: www.tvorac-grada.cjb.net