CRIMES
INNOCENTS
Jamais : vous ne me reconnaîtrez, dans les traits
d'un enfant, pensif ;
je dispose d'adresses secrètes. Mes crimes,
sont innocents ;
je me coucherai : ici, je m'éveillerai : là-bas. Les
amusements, oisifs, de mon esprit,
cette gymnastique de la fantaisie,
vous la nommez, dans votre erreur : le destin.
Je décris uniquement :
par avance : et mime vos rôles, de messies usuriers.
Je décris : la rapacité des apôtres
pour les jours terrestres, la gloire polaire. Je destine : la réussite
à la foule égoïste, l'angoisse :
après l'acquisition. De châteaux : fabuleux, de bateaux
au loin
des jetées ; l'idée, qu'en fin de compte, tout, ceci,
m'appartient,
ne me fatigue pas. Je viens, néanmoins, parmi vous et m'en
retourne
solitaire. Tel un aveugle, de manière monotone, frappant
de ma canne
devant moi. L'extase, rituelle :
me dégoûte. Le murmure, des prières : ne remplit
pas. J'ouvre,
tout grand, mes yeux : Depuis que je suis,
j'attends. Patiemment. Si d'aucun trouve sa voie,
jusqu'à mon cœur : il me succédera.