LA
CHARITE (III)
Je suis conscient d'avoir été élevé
faussement,
lors d'une toute autre concentration.
Il
m'a été dit:
dans les temps troubles, crois-moi,
les salopards font surface
et se manifestent immédiatement sous le soleil,
Mais l'homme aussi est visible, de loin,
il brille.
Cela
dit, avec quelle rapidité affluèrent les sinistres
:
tumulte, sida, fraude,
- et d'homme nulle part !
La mèche me brûle les doigts.
Il n'est même pas dans le baril à poudre.
Et, dirait-on cyniquement,
le cannibalisme perd de son sens.
Seule
une pénurie d'usage perdure.
Habitué à la désolation,
je déverse les choses décrites
de leurs livres coagulés
pareil aux feuilles
d'un herbier qui glorifie
une putréfaction innomée.
Maintenant,
si jamais je suis dans la daube
et qu'on évite de m'écraser le pied
où qu'on ne me soutire de la langue
une pastille contre les douleurs,
j'en reste pantois
et m'enfuis sans attendre mon reste,
car, qui sait ce qui se cache
sous cette amabilité :
un espion, un parjure, un tapageur. Moi.