SCANDALE
Lorsqu'auprès de l'âtre nos mères détressent
leurs cheveux
on les regarde à la dérobée puis longtemps
après nous craignons ces regards
car ils engendrent quelque chose dont pas même en rêve
nous n'osions penser
par la suite nous défrichons les bosquets des jours entiers
mais là encore nous pensons
à ces yeux consumés étincelants si chers
vers
quelles contrées partir alors oublier là-bas toute
tendresse exaltation
cela peut-il se faire par un simple geste de la main
désirons-nous effacer ce qui nous est le plus cher nos amantes
printanières
ne sont qu'ombres de passage nous ne les apercevons pas nous traversons
la terre
sans avoir de chemin notre douleur nous ne savons la dire au soleil.