EN
UNE SOLITUDE INSULAIRE
L'univers avant l'acte.
Les fées bercent mon corps dans les bois.
Une aube dont nul être ne se souvient
s'éveille depuis la gorge des oiseaux.
Un peu de néant quotidien
depuis le tréfonds des fauves.
Les fétus desséchés murmurent pareils à
l'innocence de ceux
qui ne sont pas initiés.
En une solitude insulaire
les postérieurs mortels des femmes se font lointains.
Les cyprès s'élevant furieusement vers les cieux
sont des noyés bienheureux.
Maintenant, en une gloire innocente, des petites filles s'amusent
certainement
à jouer à la marelle dans un coin de la ville,
et sautent sur un pied vers l'adolescence.
Il est un sang de néant
en celle n'ayant encore appartenue à personne.
Un silence impérissable.
Défi à tout labour.
Une seule fenêtre de cette ville, gravée
dans la mémoire, est illuminée : c'est une vieille
chambre
de banlieue aux meubles usés
sombrant dans le silence. Dans l'enduit doré des icônes.
Parlant des ténèbres, je prends mes distances face
à elles !
Parler, sans grands gestes
ni verbiage vulgaire.
Et, dès aujourd'hui, ne plus s'attendre au miracle.
C'est l'été indien et il est bien tard pour entreprendre
un voyage.