LE CHEMIN


Rien ne lui arrivait. Rien ne lui arrivait depuis des jours. Les aiguilles de la montre tournaient. Mesure du temps dans une petite machine. Jours et mois indiqués sur le mur. Rien et rien. Seul le périssable s'imposait. Fondait sur lui impitoyable, éhonté.
La possibilité de tomber amoureux, de rêver d'amour et de tendresse n'était que besoin intime d'être ordinaire, d'être homme capable de changement d'humeur,
afin d'avoir la certitude d'être de ce monde.
Seul, conscient de cette solitude et ayant un besoin prononcé pour le ravissement, pour le jeu avec les êtres comprenant le jeu, il chercha et trouva ravivé le mythe de Gilgamesh et oublia à dessein qu'il avait par sa naissance tué Enkidou afin de rester seul : il oublia, sinon il n'aurait perduré dans cette vie qui lui était offerte ou qu'il avait choisie afin de voir une fois de plus ce qui fut déjà dans les temps anciens et qui était inscrit dans les vieux parchemins, dans le souvenir de ceux qui virent, dans le silence de ceux qui savent.

ANTOLOGIJA SRPSKE POEZIJE NA FRANCUSKOM JEZIKU
  Prevod: Boris Lazić, književnik i prevodilac Webmaster: Sky Seeker
  Urađeno u okviru sajta: www.tvorac-grada.cjb.net