PAROLES DU CHRONIQUEUR DE LA MORT


Et j'emmurais la voix dans des rayons de miel
lumineux et de pierre
ne blasphémant pas à l'Infini
l'Eternité.
J'étalais posément les caractères en des visages d'anges sombres,
j'amassais la poussière sur de la poussière
pour énoncer de nouveau la parole,
signe bruineux que nous fûmes.

J'épelais de nouveau l'amour avec peur :
quelques années, un silence de marbre, de frêles
carrés de souvenirs et un peu de tristesse amère.
Et nous étions chant du cygne et chant
des siècles en une étreinte trouble.

Je domptais la malice démoniaque de la pierre
pour qu'elle comprenne la mort,
j'écrivais un journal
donnant forme à l'obscurité, au son,
j'étalais de l'encre au burin
afin que rien ne se perde,
afin que la moisissure ne nous anéantisse pas.

Et j'inscrivais la mort lisiblement
afin qu'elle leur soit ombre légère.

ANTOLOGIJA SRPSKE POEZIJE NA FRANCUSKOM JEZIKU
  Prevod: Boris Lazić, književnik i prevodilac Webmaster: Sky Seeker
  Urađeno u okviru sajta: www.tvorac-grada.cjb.net