PARDONNE-MOI, PERE


Pardonne-moi, Père, de ne pas avoir embrassé
les vérités trop simples des poètes sarayéviens,
de ne pas m'être mis sous les couleurs
de leur chant

(Pardonne-moi, de ne m'être mis
sous les couleurs d'aucun chant)

Pardonne-moi, Père, de n'avoir été
d'aucune religion et nullement renégat,
de n'avoir pris le parti de ceux
qui font toujours appel au malheur de leur communauté,

Pardonne-moi, Père, car je n'ai pas été
orthodoxe,
juif,
musulman,
romain catholique,
luthérien
et n'ai pris parti pour aucune espérance
délurée, obscurantiste.

Pardonne, car je n'ai, de fait, jamais été véritablement tourmenté,
jamais déchiré
en ce qui concernait la nation, le parti, le lobby

Pardonne-moi, Père, car je n'ai même pas pris parti pour
les titoïstes -
ce sont des ombres,
des momies,
des bâtards
et misérables phallocrates
qui m'assigneront une place

Pardonne-moi d'avoir écrit : quelle bande de guignols nous gouverne
et d'avoir - chose en soi insensée -, choisi pour dernier mot :
comme on l'achève bien, ce millénaire!

ANTOLOGIJA SRPSKE POEZIJE NA FRANCUSKOM JEZIKU
  Prevod: Boris Lazić, književnik i prevodilac Webmaster: Sky Seeker
  Urađeno u okviru sajta: www.tvorac-grada.cjb.net